20 novembre
Je suis contente : Maître TOUR me confirme que suite à ma demande, il ordonnera à Maître ESTA d’appréhender les biens en possession de Monsieur BOULIER.
(Annotation : aucune suite donnée par l’huissier)
Fin novembre
Maître ESTA vient enlever les biens saisis. Lorsqu’il veut toucher à la double cuisinière, cela en est trop pour moi. Malgré mes protestations, elle part, tout comme le téléphone/fax, deux bureaux métalliques, la petite table de salon en merisier, une caisse de petit matériel de cuisine. La salle à manger est toujours saisie mais elle n’est pas enlevée. L’huissier me promet de m’informer de la date et du lieu de la vente aux enchères pour que je puisse récupérer certains biens. Je suis étonnée qu’il reparte sans m’avoir fait signer aucun papier.
(Annotation : J’apprends que les personnes sont informées automatiquement de la date et du lieu de la vente aux enchères. Je n’ai jamais été informée, l’huissier n’a jamais voulu me fournir un double de son courrier me prévenant.)
Ainsi je me retrouve sans cuisinière. Si seulement RAOUL avait été plus raisonnable en janvier dernier, lorsqu’un potentiel acheteur nous avait proposé 5.000 Francs ! Mais RAOUL en voulait 7.500 Francs et n’a donc pas conclu la vente malgré mes protestations. C’était toujours mieux que rien. Maintenant, nous n’en tirons rien ! Le petit réchaud électrique ne fonctionne plus bien, je n’ose plus m’en servir de peur d’un court circuit. Je n’ai plus aucune possibilité de cuisiner. Je ne peux plus faire notre pain ni de gâteaux pour EMMA. Je croyais qu’une cuisinière ne pouvait être saisie, surtout lorsqu’il y a des enfants. J’ai dû me tromper. Comment vais-je faire ? Je n’en sais rien. Je vais le signaler à Maître MATOU et à l’assistante sociale.
(aucune suite)
26 novembre
Suite à la demande de Maître TOUR, Maître CHARLOT lui confirme qu’il encaisse directement tous les mois depuis le 9 mai dernier une indemnité d’occupation de 6.500 Francs de la part de Monsieur ZINTKO, l’actuel occupant des PRUNELLES.
(Annotation : et non depuis le 9 avril 1996, comme RAOUL prétendait ; c’est donc bien LUI qui avait encaissé le chèque enlevé de ma boîte aux lettres en avril !)
J’informe Maître ESTA que - contrairement à ce qu’il m’a expliqué - ce n’est pas à Maître MATOU de faire appliquer l’Ordonnance de Non-Conciliation, mais à l’huissier. L’avocat m’a bien fait comprendre « qu’il n’est pas de son ressort de s’occuper du non-respect de l’Ordonnance de Non-Conciliation » qui prévoit la remise des objets personnels. Qui a raison ? Qui est compétent en la matière ? Une nouvelle fois, je ne sais plus qui croire et quoi faire pour faire tout simplement appliquer la Loi, Loi qui semble si compliquée que même les initiés ne s’y retrouvent pas et se contre-disent.
27 novembre
Le facteur m’apporte une Convocation du Tribunal de Commerce suite à la requête de Maître TOUR du 30 octobre par laquelle il demande la vente à l’amiable des PRUNELLES, de la salle à manger à un ébéniste qui flaire une bonne affaire, ainsi que de tous les objets inventoriés par l’huissier. Je suis affolée par la question où nous allons prendre nos repas une fois la salle à manger partie, notre seule et unique table, mobilier que je croyais insaisissable.
Je reçois encore un autre coup dur : Après huit lettres à Maître NOIR qui m’a représentée dans le litige des PRUNELLES, et une lettre à Maître PERNEAUD qui défend les intérêts de RAOUL depuis notre demande de divorce, et deux dossiers adressés au Bureau d’Aide Juridictionnelle de Paris, Maître NOIR m’informe que ma demande d’aide juridictionnelle a été rejetée pour manque de pièces, alors que j'avais fait des photocopies de tous les documents en ma possession ! Je n'en peux plus. Je ne sais plus quoi faire, ni à qui m'adresser. Je n'ai aucune idée quelle pièce j'aurais dû fournir en plus. Je croyais avoir bien fait, mais mon dossier est considéré incomplet !
Maître NOIR me conseille de remettre le dossier à un avocat de Perlieux, vu ma liquidation judiciaire et la requête de Maître TOUR d’autoriser la vente des PRUNELLES à 900.000 Francs. Je me rends compte que j’ai perdu mon temps depuis juillet et beaucoup de frais en photocopies et timbres-poste. Si seulement Maître MATOU avait tout pris en mains pour m’en décharger !