5 novembre
Je ne sais plus qui et quoi croire : Maître MATOU m’a informée que c’était au syndic de porter plainte contre Monsieur BOULIER et Maître TOUR me demande maintenant - suite à mon dernier courrier - de porter plainte MOI-MEME. Je sens que je vais m’embrouiller si on ne m’aide pas.
8 novembre
Maître MATOU m’informe « à titre tout à fait confidentiel », que l’avocat de Monsieur BOULIER lui aurait fait savoir que Monsieur BOULIER accepterait un divorce prononcé « à ses torts exclusifs, mais sans énonciation des griefs dans le cadre de l’Article 248-1 du Code Civil ».
Je me demande bien pour quelle raison RAOUL accepterait un divorce à ses torts exclusifs, alors qu’il aimait souvent dire de lui : « Je suis le mari idéal ».
Ne connaissant rien à la procédure de divorce ni l’Article 248-1 du Code Civil, j’y sens un piège. Je fais part de mes craintes à l’avocat préférant que Monsieur BOULIER soit jugé pour ses actes de mauvais père de famille et de mari, croyant naïvement que Maître MATOU exploiterait tous les incidents signalés et toutes les raisons que j’ai données pour divorcer, et lui demande de tout mettre en œuvre pour que le divorce ne soit pas prononcé « à torts partagés ».
13 novembre
Je reçois enfin une lettre de Maître TOUR qui me confirme que, suite à mon dernier courrier, il a adressé un rapport au Procureur de la République et au Juge Commissaire en joignant des copies de mes correspondances.
(Annotation : Je n’obtiendrai jamais une copie de son rapport.)
Maître TOUR me confirme également d’avoir demandé à l’huissier d’appréhender le véhicule de Monsieur BOULIER. Je suis contente d’apprendre que ce bien sera enfin mise en sécurité.
(Annotation : Le véhicule ne sera jamais saisi. Comme j’ai appris plus tard, RAOUL l’a vendu et est parti avec les fonds sans rembourser le crédit.)
15 novembre
Mon CES est terminé. Je serai au chômage si je ne retrouve pas rapidement un autre travail. Comme le CES me donne un droit à la formation continue, peut-être envisagerais-je d’abord des études avant de me relancer à la recherche d’un nouvel emploi. Mais avant tout, je voudrais me reposer un peu, au moins jusqu’à la fin d’année ; ensuite, je verrai. Je suis surprise d’apprendre que le fait d’avoir travaillé à mi-temps pendant quinze mois, me donne un droit à l’ASSEDIC pendant environ deux ans et demi ; je ne m’y attendais pas, c’est une bonne surprise.
18 novembre
J’apprends par Maître CIRE qu’une sommation de vente de mobilier est en cours contre Monsieur BOULIER. Les noms des sociétés qu’il me cite, ne me disent absolument rien. Je trouve inadmissible que l’huissier ne veuille pas me communiquer le montant des dettes ; même en lui précisant que l’entreprise était inscrite à MON nom de jeune fille, il refuse. Comment est-il possible que je n’aie pas le droit de savoir de quel montant j’ai été endettée à mon insu ? J’ai du mal à le croire, mais Maître CIRE n’en dira pas un mot, mais il promet de contacter Maître TOUR pour le tenir informé. Je le signalerai à Maître TOUR.
19 novembre
Je reçois un nouveau coup dur : Suite à ma lettre du 7 octobre, ORGANIC m’informe que
« Or, d’une part, Monsieur BOULIER, à ce jour, n’a pas versé de cotisations durant au moins 15 années et, d’autre part, il reste dû des cotisations au titre du régime complémentaire des conjoints pour la période de 1er juillet 1989 au 30 juin 1993 ».
« Ainsi, même en régularisant les cotisations du régime des conjoints, le droit à la pension de conjoint divorcé ne sera pas ouvert tant que Monsieur BOULIER n’aura pas réglé les sommes qu’il doit et ce, afin d'atteindre les 15 années de cotisations exigées ».
Je sais que RAOUL ne régularisera JAMAIS ses cotisations ; je ne pourrai donc faire valoir aucun droit, puisque le mien dépend du sien. Pourtant, nous avions convenu vu tout le travail que je faisais sans la moindre rémunération, qu’il cotisera au moins pour ma retraite en tant que conjoint collaboratrice. Même cela était trop demandé ! J’aurais mieux fait rester salariée ; au moins j’aurais acquis mes propres droits. Maintenant, c’est trop tard. Jamais je n’arriverai au minimum de trimestres requis vu mon âge. Que deviendrai-je lorsque je serai vieille, malade et sans revenu ? Je préfère ne pas y penser, cette idée me fait trop mal. Jamais je n’aurais pensé que RAOUL serait capable de me mentir au sujet de ma retraite. Je lui ai fait confiance, il en a abusé. Je devrais demander un relevé de carrière pour voir exactement combien de trimestres me manquent encore. Une nouvelle démarche reste à faire !