22 mai
Le grand jour est arrivé : Sur ma demande, le psychiatre me permet - malgré les problèmes que j’ai rencontrés depuis la réduction de la dose des médicaments - d’arrêter complètement le traitement des antidépresseurs. Je suis décidée de tenir bon quoi qu’il arrive. Je rentre toute contente en me rassurant que la moitié du chemin difficile soit déjà derrière moi.
23 mai
Les vertiges recommencent et je suis obligée de passer ma journée dans le canapé. Jamais de ma vie je n’ai passé de telles journées : couchée, bonne à rien, regardant de temps à autre un peu la télévision pour faire passer le temps et me changer les idées. Dès que j’essaie de me lever ou simplement de tourner la tête, j’ai l’impression de m’en aller. Le mieux, c’est de ne pas bouger du tout, ce qui n’est pas possible puisque je me sens trop mal dans toutes les positions, un cercle infernal à devenir fou. Je me sens mal à l’extrême. Je n’arrive plus à cacher mon état à EMMA qui s’inquiète. Jamais encore elle ne m’a vue ainsi : une maman complètement hors service. Je lui explique ce qui se passe avec moi. J’essaie surtout de lui faire comprendre que ces problèmes ne sont que passagers, que je dois les surmonter pour être rétablie. Mais pendant combien de temps vais-je être dans cet état ? Je n’en sais rien, le psychiatre ne m’a rien dit. Qu’est-ce qui m’attend encore ? J’espère avoir la force pour tenir bon jusqu’au bout. Je ne dois pas claquer, pas maintenant en tout cas. Je dois élever EMMA, c’est mon premier devoir. Je me pose d’innombrables questions auxquelles je ne trouve pas de réponse. Jamais de ma vie je ne me suis sentie aussi exécrable, je n’ai souffert à ce point, souffert en silence…
24 mai
Je vais trop mal pour tenir mon Journal, je me rattraperai demain, je l’espère, si je suis encore en vie...
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