11 février
Ma plainte déposée au Tribunal de Commerce le 21 janvier dernier sur conseil du Greffier, est transmise au Parquet.
(Annotation : classée sans suite le 20 mai 1997 puisque ne relevant pas du Code Pénal, considérée une affaire commerciale ; je l’apprendrai seulement le 17 février 2003 en interrogeant le Parquet.)
Je suis convoquée une nouvelle fois par Maître TOUR. Pour me préparer à l’entrevue que j’appréhende autant que la première fois, je passe en revue tous les points à évoquer :
L’attitude incompréhensible de RAOUL concernant la gestion de la GOURMANDISE : Il n’avait jamais l’air inquiet ou soucieux, il était toujours content de ses marges bénéficiaires. Il disait toujours de ses clients qu’ils étaient très contents et fidèles. D’après lui, il n’y avait jamais de problèmes avec les fournisseurs. Le week-end, RAOUL ne me donnait que le chiffre d’affaires de la semaine, mais sans en apporter la preuve par les bandes enregistreuses, jamais il ne me faisait un compte-rendu de la semaine. A quoi bon de connaître le chiffre d’affaires si on ne connaît pas les dépenses ? Il refusait obstinément d’aborder des questions d’argent ou se mettait en colère en disant : « Je ne mets rien dans ma poche ! Tu ne penses qu’au fric ! »
RAOUL ne m’apportait jamais le courrier de la semaine ou la comptabilité malgré toutes mes demandes ; « je m’en occupe » était toujours sa réponse standard.
En 1995, lorsque je le menaçais à plusieurs reprises de radier l’affaire, il ne faisait aucun effort pour trouver une solution. Il prétendait que son syndic avait déposé une requête l’autorisant d’inscrire l’affaire à SON nom, mais il n’aurait jamais eu de réponse. Je ne connaissais pas ses prélèvements personnels qu’il faisait dans la caisse malgré mon interdiction d’y puiser à volonté tant qu’il y aurait des problèmes de trésorerie. Il refusait obstinément de tenir un livre de caisse et se mettait en colère lorsque j’abordais le sujet, allant jusqu’à me lancer violemment son trousseau de clés à travers la boutique ou de faire voler tous les billets qui se trouvaient dans la caisse en disant : « Sers-toi ! T’es contente maintenant ? ! » De telles scènes ne s’oublient pas !
Je dois absolument signaler à Maître TOUR que RAOUL avait fait plusieurs chèques sans provision et qu’il n’hésitait pas à faire des découverts. Lorsque je m’en étais aperçu, je lui avais aussitôt retiré la procuration, mais il était déjà trop tard. Depuis, il ne faisait plus de dépôts sur le compte que finalement j’avais fermé. Je dois demander à Maître TOUR de vérifier auprès de quelle banque RAOUL avait ouvert un autre compte sur lequel il encaissait les chèques clients.
(Annotation : Aucune suite n’a été donnée par le syndic)
Absorbée par mes pensées, j’ai l’impression d’arriver en ville plus vite que d’habitude.
De retour à la maison, je trouve une lettre de Maître MATOU qui m’informe qu’il n’y a pas de solution au sujet du non-paiement de l’assurance des PRUNELLES ; l’un ou l’autre des propriétaires doit payer l’assurance, mais il n’existe aucun moyen de forcer Monsieur BOULIER à payer la prochaine échéance, même si moi j’avais réglé la dernière. Je suis sidérée ! Pourtant, je lui ai signalé que le contrat de crédit nous oblige d’assurer la propriété. Comment peut-il affirmer « qu’il n’existe aucun moyen de forcer Monsieur BOULIER » ? Je ne peux pas le croire. Dans ce cas-là, il n’est donc pas non plus possible de ME forcer de régler la prime d’assurance ! Mais la propriété DOIT être assurée pour la préserver pour régler les créanciers.
Une nouvelle fois, je tourne en rond et ne vois pas de solution au problème. Je dormirais plus tranquille si la propriété était assurée. Je dois repenser à ce que Maître PERNEAUD m’avait écrit : « La liquidation judiciaire vous dispense de toute démarche à part d’informer votre syndic. » Je l’ai informé, mais comme à la plupart de mes courriers, il n’y a pas eu de suite.
12 février
EMMA part quatre jours avec son père et frère je ne sais pas où - comme la plupart du temps. Je m’aperçois que PIERRE, le neveu de RAOUL, est au volant et je deviens inquiète : Je sais qu’il est sous traitement contre sa dépression nerveuse. Vu le risque de somnolence, les antidépresseurs sont fortement déconseillés aux conducteurs. RAOUL le sait aussi bien que moi ; comment peut-il alors le laisser conduire ? Mais je n’ai aucun pouvoir pour protéger mon enfant, puisque le Jugement autorise que l’enfant soit transporté par une TIERCE personne, point important, que j’ai contesté sans succès. Tout ce que je peux faire est espérer que tout se passera bien et croiser les doigts !
13 février
Je décide finalement de demander des dommages et intérêts après tout ce que RAOUL m’a fait subir. Je voudrais être dédommagée pour la non-cotisation pour ma retraite malgré mon travail de décoration de 1984 à 1993, le non-remboursement des frais de maladie pour toute la famille due à la non-cotisation maladie à mon insu depuis 1989, l’impossibilité pour moi d’utiliser la voiture familiale pour mon trajet domicile/travail, les problèmes de santé graves dus au comportement de RAOUL (trois années de traitement, deux hospitalisations, l’incapacité de travailler) et pour l’atteinte à ma réputation (RAOUL ayant parlé de moi de « folle », « internée », « pas très nette » à plusieurs reprises).
Je demande à la même occasion à Maître MATOU de faire le nécessaire auprès de l’huissier pour obliger Monsieur BOULIER de respecter l’Ordonnance de Non-Conciliation.
(Réponse de Maître MATOU : « Il faut attendre la liquidation de la communauté ; pour certains points, je ne peux pas intervenir. »)
(Annotation : A la publication du PUZZLE, la liquidation de la communauté n’a toujours pas été prononcée.)
Je dois repenser au conseil que Maître TOUR m’avait donné concernant le dépôt de plainte auprès du Procureur de la République : « Plus il y aura de plaintes contre Monsieur BOULIER, mieux cela sera » m’avait-il expliqué.
(Annotation : Pour le non-respect de l’Ordonnance de Non-Conciliation, je l’ai fait seulement le 17 septembre 2001 ; aucune suite n’a été donnée.)
15 février
Déclaration de Madame REX, amie de Madame POMAL, selon l’expertise faite par sa relation, Monsieur NEUVE : « Madame et Monsieur BOULIER avaient présenté divers objets, pour en négocier la vente, mais que ceux-ci n’ont pas été retenus. »
(Annotation : J’ai découvert cette déclaration seulement des années plus tard.)
Pour remplir mon devoir de tenir informé le syndic, je lui signale d’avoir laissé à l’essai, en 1994, à Madame POMAL quatre objets de valeur : une charrette décorée en bois, une nappe ronde et deux couvre-lits laine brodés main du Cashmere. Je n’avais pas fait de papiers puisque j’avais entière confiance en la cliente qui voulait garder ces objets à l’essai pour s’assurer qu’ils lui plaisent vraiment. Suite à l’incident avec Monsieur BOULIER, la cliente nie toujours d’avoir reçu ces quatre objets. Il s’agit-là bel et bien de mensonge.
(pas de réponse)