1eraoût
J’ai pu me procurer une attestation par laquelle les PTT reconnaissent leur faute d’avoir remis à Monsieur BOULIER tout le courrier, même recommandé, adressé à MON nom, bien qu’il n’ait eu pas de procuration pour réceptionner les lettres recommandées. Pour prouver que je n’étais pas au courant des problèmes de la GOURMANDISE, que Monsieur BOULIER faisait tout pour me les cacher, j’envoie cette attestation au Tribunal de Commerce pour information et intervention.
(pas de réponse, pas de suite)
(Annotation : J’ai fait l’erreur de leur avoir transmis l’original de l’attestation des PTT. Je n’ai jamais pu le récupérer, le Tribunal de Commerce n’ayant jamais répondu à mes demandes répétées.)
Je reçois enfin la liste d’estimation de l’hôtel des ventes BENBIRA pour les objets déposés en juillet. J’y découvre une erreur que je signale le jour même par téléphone et confirme l’entretien par écrit. Je leur demande de retrouver impérativement le grand Kilim pour qu’il soit estimé, et de bloquer la vente de tous les autres objets déposés tant que je n’aie pas reçu l’estimation pour les deux dépôts.
(Annotation : En juillet, des objets ont déjà été vendus SANS estimation ! )
2 août
Je retrouve Maître MATOU au Tribunal de Commerce pour l’audience de ma mise en liquidation judiciaire que j’ai demandée sur son conseil. Personne ne me pose de questions. Je n’ai qu’un formulaire à remplir où je marque que j’ai été utilisée comme prête-nom par l’époux. Je me dis que dès maintenant, tous les problèmes vont être arrangés au mieux par des personnes compétentes et que je ne me retrouve plus seule en face de tous les problèmes créés à mon insu. J’ai l’espoir que les Instances obligeront RAOUL de me renseigner et de me remettre la comptabilité avec laquelle il est parti à la fermeture du restaurant.
Le Tribunal désigne Maître ESTA comme huissier ; je me demande à quoi il servira, et Maître TOUR comme syndic dont je ne réalise pas la vraie fonction : liquider les biens de la communauté pour régler au mieux les créanciers.
(Annotation : Je crois naïvement que le syndic m’assistera dans toutes les démarches nécessaires à résoudre l’ensemble des problèmes.)
Le Jugement rendu par le Tribunal de Commerce dit en gros que :
Madame BOULIER est en état de cessation de paiements
elle demande l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire
les difficultés sont dues à une mésentente entre les époux
passif exigible déclaré : 80.000 Francs (estimation approx. faite par Madame)
trésorerie inexistante
Madame a déclaré d'avoir été utilisée comme prête-nom par Monsieur BOULIER qui est en liquidation judiciaire
Madame n'a pas de connaissance précise sur la situation réelle de l'exploitation
d'après la déclaration de Madame, l'essentiel de l'actif aurait été déménagé et détourné par Monsieur BOULIER et figurerait au domicile de ce dernier ou aurait déjà été vendu
l'exploitation a cessé
redressement judiciaire impossible vu l'arrêt de l'activité
date de cessation de paiements : 31 décembre 1995
prononce la liquidation judiciaire de Madame BOULIER
Je rentre soulagée avec l’espoir que les Instances vont enfin m’aider à me sortir de ma situation dramatique.