28 novembre
J’ai rendez-vous au CIDFF. Après avoir décrit ma situation et les problèmes auxquels je suis confrontée, la juriste me conseille de demander le divorce soit par consentement mutuel, la procédure la plus simple, soit pour faute vu que RAOUL n’agit pas en bon père de famille : Il a quitté le domicile conjugal, m’a donné des coups, laisse femme et enfants sans chauffage et d’argent de ménage. J’apprends qu’une mère divorcée avec un enfant touche environ 4.000 Francs par mois pendant un an. En cas de divorce, tous les biens seront partagés, les dettes aussi. Ce dernier point me fait frémir. Combien de dettes avons-nous ? Je n’en sais rien. RAOUL doit le savoir, mais il ne me le dira jamais.
En sortant des bureaux, je ne sais toujours pas prendre une décision, trop de questions me tourmentent, j’ai des scrupules vis-à-vis des enfants et surtout le partage des dettes, dont je ne connais pas le montant, me fait beaucoup trop peur ; je crains ne jamais être en mesure d’y faire face.
(Annotation : A ce moment-là, je ne soupçonne pas encore le montant exorbitant des dettes accumulées.)
30 novembre
Je vais à mon rendez-vous avec le psychiatre, rendez-vous devenu routine, du vite fait, qui consiste surtout à renouveler l’ordonnance pour les antidépresseurs, calmants et somnifères, à encaisser 250 Francs d’honoraires et à fixer un prochain rendez-vous. Je n’y vois aucune utilité, rien qui me permet de faire des progrès dans la bonne direction, aucune aide psychologique, aucun soutien moral, tout simplement de la routine. Ces actes barbares sont pris en charge à cent pour cent par la Caisse Maladie, mais quel dommage !
Madame POMAL me téléphone longuement pour me demander des engagements de ma part concernant le chantier non terminé par RAOUL. Vu la situation, je lui recommande de s’adresser directement à Monsieur. Etant donné que j’ai les mains liées, je ne peux m’engager sur rien n’ayant aucun moyen pour faire agir RAOUL qui s’entête de plus en plus. L’entretien m’épuise bien que je sois assise. Si seulement on me laissait tranquille ! Je n’ai rien fait de mal, mais on me traite en malfaiteur !
EMMA sort la couronne d’Avent pour la décorer. Chien et chat y passent en même temps ! Noël s’approche vraiment, mais je n’y suis pas…
1er décembre
Je relance le cabinet de notaires DOPIA pour obtenir enfin des informations sur la mise en vente par adjudication des PRUNELLES, qui ne devrait plus tarder. Je voudrais savoir s’il existe une hypothèque autre que la première et si les mensualités du crédit ont été réglées régulièrement. Comme je n’ai trouvé ni de trace de virements qui pourraient correspondre au remboursement du crédit habitation, ni de dossier, et comme je suis sûre maintenant que RAOUL intercepte le courrier, même à mon nom, je ne vois pas d’autre solution pour me renseigner qu’en m’adressant directement aux parties concernées.
Après le repas, je suis si fatiguée que je m’allonge un peu. Je ne me réveille qu’à dix-sept heures ! Affolée, je cours à l’école pour récupérer EMMA qui a déjà goûté et qui ne s’est pas inquiétée de mon absence. Je suis soulagée, mais je me promets que la prochaine fois que je ferai la sieste, je mettrai le réveil pour ne pas rater la sortie d’école !
RAOUL est convoqué une nouvelle fois à la Gendarmerie, mais ne veut toujours pas me dire pourquoi. La VOLVO qui, d’après RAOUL, sort de la révision, n’a pas de veilleuse avant à droite et le trou dans le plancher n’a pas été réparé non plus. Je me demande si la voiture a été vraiment au garage. De toute façon, comment peut-il payer le garagiste ? Nous sommes si justes ! Nous sommes incapables de faire face aux frais de tous les jours.
2 décembre
Ordonnance du Tribunal de Commerce de Perlieux au nom de Madame BOULIER suite au non-paiement de 598 Francs (majoré de frais, dépens et intérêts de 1.005 Francs) à la société DORBOIS malgré de nombreuses lettres de rappel
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