Suite du 24 septembre
Lorsque j’essaie d’aborder quelques points professionnels, RAOUL s’écrie immédiatement : « Tu m’as encore fait passer pour un con ! »
Il me reproche d’avoir dit à PaT que la GOURMANDISE est MON affaire. Il est vrai que lorsque PAT ne voulait pas me remettre le courrier du restaurant, je lui ai fait remarquer que le restaurant était inscrit à mon nom de jeune fille, que les courriers me concernaient et que j’avais un droit à l’information. C’est seulement là qu’elle me les a remis, courriers que je ne voyais jamais. Evidemment, cela n’a pas plu à RAOUL, c’est lui le patron !
RAOUL n’a pas apprécié du tout que je suis allée à la banque pour me renseigner puisque je ne vois jamais les extraits de compte. Mes soupçons se sont alors confirmés : RAOUL ne respecte absolument pas mes instructions de ne pas faire de découverts auxquels nous n’avons pas droit. Le compte est déjà en découvert de 9.000 Francs et tous les chèques que RAOUL a établis ne sont pas encore passés ! Je crois que je n’ai pas d’autre choix que de retirer à RAOUL la procuration qu’il m’avait exigée à l’ouverture. Tant pis s’il pique une colère ! La banque m’a mis en garde que je risque d’être fichée comme mauvais payeur à la Banque de France, si des chèques étaient retournés impayés. Il faut à tout prix éviter cela. Je réalise qu’il y a urgence !
Je prends tout mon courage et informe RAOUL de mon intention de lui retirer la procuration sur le compte en banque et lui demande de me remettre son chéquier.
« Fais ce que tu veux, radie tout, on fermera tout, on n’aura plus de revenu ! » crie RAOUL furieusement. Il est hors de lui. Bien qu’apeurée, je propose de faire une demande de RMI pour nous assurer au moins le minimum vital le temps que les choses s’arrangent. RAOUL est contre. S’il n’avait pas fait le malin, il y a quelques années, où il avait gardé des allocations familiales perçues à tort, bien que les déclarations nécessaires avaient été faites, nous pourrions toucher actuellement environ 2.500 Francs par mois de la CAF, somme appréciable lorsque l’on est « fauché ». Or, nous ne toucherons plus d’allocations jusqu’à ce que la dette vis-à-vis de la CAF soit épongée, soit pendant environ deux ans. RAOUL me reproche à nouveau d’avoir « remué » le dossier CAF.
Je voudrais savoir ce que RAOUL a à me reprocher pour qu’il me traite comme il le fait. Mais il refuse de me renseigner.
« Je ne te le dirai pas ! » Point final.
Comment puis-je corriger mon comportement s’il ne me dit pas ce qui ne va pas ? Il me reproche de jouer un double jeu. Je ne vois pas lequel. RAOUL ne m’en dira pas plus. Je ne comprends rien. Peut-être un jour changera-t-il d’avis et me donnera-t-il quelques explications ? Je serais curieuse d’apprendre ce qu’il a à me reprocher.
Par contre, il me fait remarquer qu’il ne supporte plus ma manière de parler et de sourire. Il croît toujours que je me moque de lui, mais semble oublier qu’il n’y a rien à se moquer, que nous vivons une triste réalité que lui refuse de voir.
Je réalise que RAOUL n’a pas la moindre intention de discuter.
« Je ne veux surtout pas discuter d’affaires. On verra ça demain, je suis fatigué, j’ai besoin de me détendre. »
Je connais cette chanson, je l’ai entendue à l’infini, chanson qu’il me sort chaque fois qu’il veut éviter toute discussion. Nous DEVONS discuter affaires, que ça lui plaise ou non. Mais quoi faire contre un mur de silence ? Je suis exaspérée par son attitude.
« Va-te coucher maintenant ! » m’ordonne RAOUL d’un ton sec.
Je vois qu’il n’y a absolument rien à faire.
Comme tous les soirs, RAOUL va s’installer dans le canapé au salon pour regarder la télévision et faire des mots croisés pendant des heures…
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