24 septembre
J’ai rendez-vous avec le psychiatre, le docteur GINA, pour le renouvellement de mon ordonnance. Il me conseille de venir la prochaine fois avec fils et mari pour les inclure dans la thérapie, ce que j’avais demandé depuis le début de mon traitement. Mais à l’hôpital, les médecins n’en ont pas tenu compte. Pourtant, cela leur aurait permis de s’attaquer à la source de mes problèmes de santé : principalement le comportement irraisonné de mon mari qui aurait eu besoin de calmants pour lui réduire son abominable agressivité. Je vais faire la commission à père et fils, mais sans espoir.
Je me demande pourquoi RAOUL refuse catégoriquement de noter ses dépenses personnelles. Il exige bien de moi de justifier l’ensemble de MES dépenses, même celles du marché pour lesquelles il m’est impossible de fournir de justificatifs, et il le sait ! Si seulement il voulait coopérer ! J’ai encore son petit mot gribouillé en hâte sous les yeux qui dit : « Si je dois faire toutes les courses, me donner les justificatifs des 500 Francs de dépenses pour la semaine. Je n’ai pas autant en argent de poche ! » De telles réflexions font plaisir !
Ce soir, RAOUL me reproche d’avoir dit aux propriétaires de la maison que nous louons que je ne m’y plaisais pas. Mais il n’a pas à m’imposer ce que je dois dire ou pas ; je dis ce que je pense et non ce que lui veut que je dise. Tout doit aller d’après la tête de Monsieur !
Mais ce que j’ai dit est vrai : Dans cette maison, j’ai à subir tous les inconvénients de la campagne puisque, malgré mon mauvais état de santé, je dois me débrouiller sans aucun moyen de transport, ce qui n’est pas facile. Quand nous nous sommes croisés en ville, je croulais sous des courses et je souffrais beaucoup des douleurs par ce temps humide. Il est vrai que je n’aime pas habiter ici et RAOUL le sait. Dès nos premières visites de la maison, je ne l’aimais pas : J’y trouvais pleins de défauts de conception, je n’aimais pas cet endroit isolé après avoir quitté l’isolement de sept ans vécu aux PRUNELLES. Même le jour de la signature de la promesse d’achat et du contrat de location, j’avais répété à RAOUL que je n’en voulais pas, j’en avais même pleuré. C’est seulement sous la pression de RAOUL que j’ai signé le contrat de location. Je me demande si je n’ai pressenti que cette nouvelle maison serait pour moi la maison du malheur…
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