Fin mai
Ce soir, après avoir vu quelques points urgents ensemble, RAOUL me demande :
« Pourquoi as-tu encore téléphoné à ma mère ? »
« Je lui ai simplement demandé de transmettre mes bons voeux pour le mariage de ta soeur, c’est tout. »
« Pourquoi m’as-tu encore débiné devant ma mère ? »
« Je ne t’ai pas « débiné ». Je n’ai donné aucune information sur ce qui se passe chez nous, mais j’ai été en pleurs ; je n’y peux rien. »
« T’as fait tout le tour de la famille comme ça ! Je passe encore pour un con ! Tu noircis tout ! Tu ne vois que le mauvais côté des choses ! Tu ne penses qu’au fric ! »
Je ne supporte pas qu’on m’accuse à tort. RAOUL semble oublier que la plupart de nos problèmes sont liés au « fric », comme il dit si bien et que je suis simplement réaliste et que j’en ai marre de devoir subir les conséquences du manque d’argent chronique et cela depuis des années déjà.
D’un seul coup, RAOUL s’écrie :
« Tu n’attends qu’une chose : que je foute le camp, mais je ne le ferai pas ! »
Pourtant, plus d’une fois il m’a menacé de « foutre le camp », il voulait même prendre une chambre en ville, financée par sa mère, paraît-il, ou s’installer à la maison au grenier. Aurait-il changé d’avis ? Je ne sais plus ce que je dois croire. Je verrai bien…
Pourquoi RAOUL n’a-t-il pas voulu me donner son diplôme de Brevet de Technicien Hôtelier dont j’ai besoin pour la Chambre des Métiers prouvant ses capacités professionnelles en tant que gérant du salon de thé ? Puis-je encore lui croire qu’il le leur portera lui-même la semaine prochaine ? J’ai des doutes, comme pour beaucoup de choses…
« Va te faire traiter les nerfs à l’hôpital et fais un tour en Allemagne ! » hurle RAOUL rouge de colère.
Veux-t-il vraiment se débarrasser de moi ? J’en ai l’impression. Je ne sais pas quoi faire.
« Je t’ai tout caché et menti sur notre situation financière pour te protéger et t’éviter de te faire du souci. C’est ce qu’on appelle « des mensonges pieux ».
Des « mensonges pieux », je n’en ai rien à faire ; j’aurais préféré de loin qu’il me dise tout depuis le début de ses difficultés. Pourtant je lui avais dit à plusieurs reprises que si un jour je devais m’apercevoir qu’il me mente sur quoi que ce soit, je ferai mes valises. RAOUL n’a pas dû comprendre ou il ne m’a pas cru. Il m’a menti, menti à plusieurs reprises, et il ment toujours. Je ne suis pas partie, pas encore…
Dans le calendrier, je trouve une citation de la Bible, Proverbes 28,13 :
« Celui qui cache ses fautes ne prospérera pas, celui qui les avoue et les délaisse obtient miséricorde ».
Comme souvent, ce soir, je me couche en pleurant.
RAOUL m’a reproché d’être mécontente des vingt dernières années, les années passées avec lui. Mais je n’y peux rien si je me suis sentie malheureuse la plupart du temps, j’ai subi beaucoup de choses dont je me serais bien passé. Comment peut-il me traiter d’être « matérialiste », alors que l’âge moyen de mes vêtements est l’âge de GREG, c’est-à-dire quatorze ans ! Et les quelques vêtements corrects que j’ai, ce sont des vêtements de ma mère, vêtements qu’elle ne porte plus et qu’elle m’envoie sachant bien que je n’aie pas de budget vestimentaire. Il est vrai, RAOUL est également extrêmement mal habillé, mais il a toujours trouvé de l’argent pour autre chose, comme la VOLVO par exemple, la liste des objets achetés de manière irraisonnable serait longue, achats que RAOUL a toujours faits SEUL, malgré nos problèmes financiers chroniques, sans m’en parler auparavant, sachant fort bien que j’aurais été contre dans la plupart des cas, alors que nous ne sommes pas en mesure de renouveler de temps à autre nos vêtements. Faute de trésorerie, RAOUL veut que j’aille demander un crédit à la banque. Mais je n’aime pas ça ; je suis allergique au crédit. Ce sera un nouveau point de divergence. Nous menons un dialogue de sourds.
Pour lire la suite, cliquez
Pour revenir au début du PUZZLE DE LA VERITE, cliquez