17 juillet
Je reçois l’état des créances établi par mon syndic. Je ne crois pas mes yeux ! C’est la confirmation de ce que j’avais déjà appris, mais ce que je n’ai pas pu croire début février : Il y a près de 2 Millions de Francs de dettes ! Je ne comprends absolument pas ce montant dont environ 1,86 millions de Francs auraient été hypothéqués. Comment serait-il possible sans que je le sache ? Je dois me renseigner auprès du notaire à Couliers. Grâce à ma propre liquidation judiciaire, j’apprends enfin le montant de notre endettement ; c’est le seul point positif de la procédure pour le moment. Ce que je ne comprends pas est, pourquoi figurent sur l’état des créances des postes qui n’ont aucun rapport avec la GOURMANDISE, qui concernent les années avant son ouverture ? Je comprends mieux, pourquoi RAOUL n’a jamais voulu me répondre à mes questions. Comment a-t-il pu nier d’avoir des problèmes financiers ? Pourtant, il se savait déjà condamné. Qu’a-t-il fait pour arriver à un chiffre aussi astronomique ? Nous sommes endettés de presque deux millions de Francs ! Cette idée m’affole, je ne pense qu’à ça, mais ne trouve pas d’explications. Je sais que je n’en dormirai pas. Deux millions de Francs ! Comment cela était-il possible ? Je suis torturée à l’extrême, incapable de me concentrer sur autre chose. C’est toujours la même question : Comment RAOUL a-t-il pu en arriver là ?
Comme Maître MATOU fait le mort à mes courriers d’avril et de mai dernier, je demande une nouvelle fois de l’aide auprès de Maître TOUR pour pouvoir récupérer ma toile murale et la porte décorée laissées par Monsieur BOULIER au local commercial à la fermeture du restaurant.
Je lui signale que Monsieur BOULIER ne m’a toujours pas remis la comptabilité malgré mes nombreuses demandes et que je le soupçonne d’être parti avec les fonds récupérés par la vente des biens professionnels. Je lui demande de me répondre à toutes mes questions, ce qui n’est pas le cas actuellement. Je souhaiterais connaître la situation des PRUNELLES et demande, s’il touche enfin sa part aux indemnités d’occupation. Je voudrais également connaître le résultat de l’audience du 28 mai dernier concernant ma plainte contre Monsieur BOULIER.
Obtiendrai-je cette fois-ci une réponse ?
(pas de réponse du syndic)
Je me sens de plus en plus truandée par RAOUL. L’assistante sociale m’apprend que si je devais trouver du travail, une partie du salaire, même d’un SMIC, pourrait être saisie immédiatement vu les titres exécutoires qui existent à mon nom. Je suis toujours persuadée que ma liquidation judiciaire ne me permet pas de me mettre à mon compte soit comme traductrice, soit pour reprendre la peinture décorative. Je me sens coincée : Si je touchais un salaire, je risque la saisie immédiate, et d’autre part, je ne peux pas me mettre à mon compte. Cette idée m’affole.
(Annotation : C’était faux. Il n’y avait aucune interdiction de me mettre à mon compte, mais personne ne m’a jamais corrigée.)
Comment faire alors pour avoir un petit gagne-pain ? Lorsque j’explique en gros mes problèmes à l’assistante sociale, elle me conseille de changer d’avocat. Mais d’abord, je dois attendre la réponse de Maître MATOU à mes commentaires concernant le Jugement de divorce indigeste.
J’adresse une nouvelle lettre au Procureur de la République pour compléter ma plainte déposée contre Monsieur BOULIER pour les raisons suivantes :
- endettement excessif de la famille de l’ordre de deux millions de Francs à mon insu
- non-paiement des cotisations retraite pour moi malgré le fait que j’étais conjoint collaboratrice de 1984 à 1992
- confiscation du dossier SNIV qui m’a fait condamner au versement de 90.000 Francs en se basant sur une caution caduque de 1979. Je signale que j’étais dans l’impossibilité de faire appel dans les délais puisque Monsieur BOULIER avait confisqué le dossier jusqu’en avril 1996. Le Jugement est donc définitif et je risque la saisie sur salaire.
(Annotation : J’ai retiré cette plainte sur conseil de Maître CORNIAUD le 18 septembre 1997 lors de la visite de la Gendarmerie. De toute façon, elle a été classée sans suite le 8 juin 1998 par le Tribunal de Grande Instance de Perlieux pour « autres poursuites ou sanctions de nature non pénale ».)