7 mai
Je vais à mon rendez-vous avec Maître MATOU, chargée des quelques documents dont je dispose, dont le dossier POMAL que RAOUL m’a remis récemment sans la moindre explication, la plupart des dossiers étant en sa possession. Je voudrais qu’il soumette mes nombreuses questions concernant nos problèmes financiers et professionnels à l’avocat de Monsieur BOULIER, vu que ce dernier me refuse toute réponse partant du principe de n’avoir « aucune obligation légale de répondre » et vu son exigence de passer par nos avocats respectifs.
Nous évoquons de nombreux points, mais je repars sans réponses véritables. Je ne me sens pas aidée. J’ai l’impression que j’ai perdu une demi-journée et mon budget alimentaire pour la journée en frais de transport.
9 mai
J’ai rendez-vous avec Maître MARTY, l’huissier. Je repars « bredouille » n’ayant pu avancer de rien. Je me sens infiniment seule et regrette d’avoir perdu à nouveau mon budget journalier dans les frais de transport.
12 mai
J’informe Maître MATOU que Maître CHARLOT avait interdit à Monsieur BOULIER dans le cadre de sa liquidation judiciaire, d’exercer une nouvelle activité indépendante, interdiction qu’il a contournée en utilisant mon nom de jeune fille pour ouvrir la GOURMANDISE. Je me demande s’il ne faut pas en informer le syndic.
(pas de réponse)
Je signale également ce que je viens d’apprendre : Maître VARON a déposé un acte au nom de Monsieur BOULIER à la Mairie de Bornac à la requête de la banque GALE où je le soupçonne d’avoir ouvert un compte personnel. Comme je m’inquiète, je veux savoir si je peux toujours être tenue responsable des actes actuellement commis par Monsieur BOULIER. Je le prie de se renseigner auprès de Maître VARON et de me tenir au courant. (Annotation: pas de réponse)
Comme le propriétaire du local commercial vient de convenir par téléphone que toile murale et porte décorée sont ma propriété artistique, je ne vois aucun problème pour les récupérer et demande à Maître MATOU comment je dois procéder.
(Réponse le 23 août 1996)
13 mai
Je crains que le matériel professionnel ne soit détourné par RAOUL et demande par précaution de l’aide auprès de Maître MARTY, l’huissier, pour éviter toute tentative de disparition, si ce n’est pas déjà trop tard. Je voudrais tout mettre en dépôt-vente, tout comme la VOLVO et les deux peintures miniatures anciennes sur ivoire, pour lesquelles j’ai éventuellement deux personnes intéressées, afin de pouvoir régler les dettes de la GOURMANDISE.
(pas de réponse de l’huissier)
14 mai
Je viens d’apprendre par le Cabinet de Recouvrement GUYMET que la GOURMANDISE doit 5.491 Francsaux Etablissements MARUT, dette dont je n’ai jamais entendu parler ; je n’ai jamais vu de lettres de rappel. Monsieur GUYMET m’apprend la mauvaise réputation de Monsieur BOULIER dans les boutiques environnantes lorsqu’il y est allé le chercher, après n’avoir reçu aucune réponse de sa part à ses lettres de rappel.
J’ai très honte à entendre de tels propos et lui demande de déposer sa créance chez Maître MARTY.
Cet entretien m’a beaucoup énervée. Comment est-il possible de faire le mort à des lettres de rappel ? Je crains lentement, mais sûrement, qu’il n’y ait plus de dettes que RAOUL veut bien me faire croire. Comment pourrais-je apprendre à qui la GOURMANDISE doit encore de l’argent ? Je n’ai pas accès à la comptabilité, je ne connais pas les commandes passées par RAOUL, je ne connais pas le nom des fournisseurs avec lesquels il travaillait, je ne reçois pas les lettres de rappel, RAOUL continue à me refuser toute réponse à mes questions. Je voudrais que la situation soit apurée au plus vite ; je ne veux pas avoir de problèmes. J’en ai déjà assez avec le quotidien et avec mon mauvais état de santé qui me rend la vie de tous les jours extrêmement dure. Comment faire ?
Je ne vois pas d’autre solution que d’écrire à Maître MATOU en lui demandant de faire un procès à Monsieur BOULIER pour mauvaise gestion, abus de confiance et mensonges, comme la Chambre des Métiers me l’avait conseillé de faire.
(Annotation : pas de réponse, pas de suite donnée par l’avocat)