19 avril
Maître MARTY me demande de verser 1.330 Francs concernant les cotisations sociales ORGANIC de 1995 en retard, lettre à MON nom, interceptée par Monsieur BOULIER.
(Annotation : J’en prends connaissance seulement le 4 juin quand Maître MARTY me relance en me faisant parvenir une copie de son courrier.)
20 avril
A ma plus grande surprise, je reçois la requête de divorce que RAOUL a déposée presque en même temps que moi. Je lis : « La requête est fondée sur des faits rendant intolérable le maintien de la vie commune » et « que l’attitude de Madame BOULIER est en contradiction avec les devoirs et obligations nées du mariage ».
Je n’en crois pas mes yeux ! Oser me reprocher que je n’ai pas rempli mes devoirs et obligations d’épouse, est un pur mensonge et donc inacceptable pour moi : Je me suis toujours démenée pour avoir une maison bien entretenue et agréable, je me suis toujours bien occupé des enfants, j’ai même abandonné mon activité professionnelle de traductrice bien rémunérée à l’époque pour pouvoir élever mon premier enfant. La seule chose que RAOUL peut effectivement me reprocher et qui est une raison de divorce, est le fait de ne plus avoir partagé le lit avec lui depuis que les tensions se sont installées dans notre couple.
Je suis très surprise et soulagée en même temps : Cela me prouve que nous pensons la même chose sans jamais, pas une seule fois, avoir abordé le sujet de divorce. J’ai ainsi confirmation qu’il fallait demander le divorce, que notre couple n’aurait pas pu être sauvé, même dans l’intérêt des enfants, comme je le croyais encore en 1994 lorsque je me portais pour la première fois avec l’idée de divorcer, mais où j’hésitais de le faire pour ne pas casser la famille. Pour une fois, nous sommes donc d’accord sur un point : Le divorce s’impose.
(Annotation : J’apprendrai plus tard, que RAOUL aurait demandé le divorce sur conseil de GREG. RAOUL lui aurait promis de me parler par lettre de son intention de divorcer avant de déposer sa demande. Je n’ai jamais reçu de lettre.)
J’ai enfin pu constituer les deux dossiers d’aide juridictionnelle pour être défendue dans le litige des PRUNELLES. J’en ai marre des papiers, toujours de nouvelles photocopies, toujours remplir les mêmes formulaires, toujours autant de frais d’envoi en recommandé qui me pincent à chaque fois, frais équivalents à mon budget alimentaire journalier pour chaque lettre recommandée.
22 avril
Je reçois une copie de ma requête de divorce. Elle dit que le maintien du lien conjugal est devenu impossible et ce du fait de Monsieur BOULIER et qu’une mésentente règne entre les époux qui vivent séparément depuis le 1er décembre 1994 en raison de l’instabilité de Monsieur BOULIER, de ses actes de violences physiques et morales à l’encontre de son épouse.
Je suis assez consternée d’apprendre que l’avocat a basé ma requête de divorce exclusivement sur « les violences physiques et morales » et qu’il n’ait pas tenu compte de toutes mes autres raisons pour demander le divorce, en particulier de vouloir me protéger contre de nouvelles dettes que RAOUL pourrait contracter à mon insu.
Je me vois donc obligée de lui demander immédiatement de rectifier ma requête de divorce et d’y faire figurer les raisons que j’ai énumérées dans ma lettre du 10 avril à savoir :
- abus de confiance
- mensonges répétés
- endettement notoire de la famille
- ne pas avoir agi en bon père de famille
- pouvoir guérir de la dépression nerveuse dont Monsieur BOULIER est la cause.
Je lui demande un double de la nouvelle version pour moi et un double pour RAOUL.
(Annotation : L’avocat n’a jamais voulu rectifier ma demande.)