fin mars
RAOUL n’est toujours pas disposé de discuter « travail » ; alors je continue à marquer sur de petits bouts de papier tout ce qui me passe par la tête dans la semaine, petits mots que je pose à sa place pour qu’il les trouve en rentrant le week-end. Je sais qu’il en a horreur, mais je ne vois pas comment je pourrais faire autrement, il y a trop de points à voir ensemble. Malheureusement, la plupart du temps, nous n’avançons pas de grand-chose, puisque RAOUL refuse toujours de me renseigner ou il ne fait tout simplement pas ce que je lui ai déjà demandé d’innombrables fois. J’ai l’impression qu’il ne veut absolument pas discuter des problèmes pour essayer de les résoudre. Je ne comprends pas son attitude d’autruche. Mes efforts incessants d’obtenir en vain des renseignements, l’agacent ; souvent, il repart mécontent. Nos rapports continuent à se dégrader.
C’est la braderie de printemps à Perlieux. Nous y participons en sortant notre « petit bazar » dans la rue. Un petit piano décoré part en premier. Je suis venue pour donner un coup de main, malgré le grand froid qui règne entre RAOUL et moi, nous ne nous adressons pas la parole. RAOUL fait semblant ne pas me voir, se détournant dès que nous nous approchons ; j’ai l’impression de ne plus exister. J’aboutis à rien, RAOUL me fait peur, je le trouve terrifiant, méprisant, sale, voire répugnant. Toute cette situation me désole, d’autant plus que l’affaire commerciale est toujours inscrite à mon nom ; j’en suis donc toujours légalement responsable.
Pour faire passer le temps, assise dans la rue à attendre les clients, j’écris à ma meilleure amie pour lui raconter toutes mes misères. Je me demande ce que je fais encore ici. Mais quoi faire, comment faire ? Je ne suis pas toute seule, j’ai deux enfants, dont un « à moitié » seulement ou peut-être encore moins. Cette journée me paraît interminable, une véritable corvée, une épreuve.
RAOUL est content : Sa mère est revenue pour l’aider ; elle est ravie de pouvoir cuisiner et faire des pâtisseries. Elle devrait s’installer à Perlieux et devenir chef de cuisine ! RAOUL aurait ainsi plus de temps pour ses mots croisés et bavardages. Non seulement elle s’active en cuisine, mais en plus, elle est généreuse et finance une nouvelle enseigne de 3.000 Francs pour le restaurant, enseigne complètement inutile à mes yeux, mais déjà installée sans avoir demandé mon avis. Je me sens vraiment la dernière roue de la charrette, pourtant je dois en supporter toute la charge.
(Annotation : Je ne me doute pas encore à quel point !)
Pour revenir au début du PUZZLE DE LA VERITE, cliquez
Si vous souhaitez lire LE PUZZLE DE LA VERITE en entier, laissez un message dans CONTACT en bas de page.