17 novembre
D’après le calendrier, c’est mon anniversaire aujourd’hui. Je suis seule à la maison. NELLY, mes parents et mon frère me téléphonent. J’ai du mal à me contenir, mais je ne veux pas leur faire de la peine. Je passe ma matinée à faire de la paperasserie et à donner des coups de fil.
Je téléphone à l’URSSAF pour annuler le prélèvement automatique suite à la fermeture du compte bancaire. Je leur explique que Monsieur BOULIER est actuellement inabordable et comme je n’ai pas d’argent, je souhaiterais obtenir un délai pour le règlement de la cotisation due au 15 novembre. J’ai de la chance : Mon interlocuteur est compréhensif et m’accorde dix jours. Mon premier cadeau d’anniversaire !
A la grande joie d’EMMA, je nous fais des choux à la chantilly. Notre dîner consiste en une crème au chou-fleur, plat unique ce soir. Nos « bonhommes » ne rentrent pas. C’est le meilleur cadeau d’anniversaire qu’ils puissent me faire !
En me déshabillant, je constate avec surprise, que les hématomes relativement petits hier, ont considérablement augmenté de taille. Mes bras et jambes ne sont pas beaux à voir ! Je regrette ne pas être allée à la consultation seulement aujourd’hui ; les signes de violences sont beaucoup plus impressionnants qu’hier.
18 novembre
Je suis une boule de nerfs. Pour la première fois de ma vie je vais voir un avocat pour lui demander conseil sur le divorce. Maître ROBE avec qui j’ai rendez-vous, ne veut pas traiter mon dossier ; il me dit carrément qu’il ne l’intéressait pas. Pourtant, je suis allée le voir dans l’espoir d’obtenir des réponses à mes questions, réponses que je ne peux pas trouver seule et pour lesquelles j’ai besoin de conseil juridique. Après lui avoir décrit ma situation et les problèmes que je rencontre avec RAOUL, il me fait remarquer :
« Faites de sorte à vous faire obéir, Madame ! »
Comme s’il était si facile de faire obéir par un mari qui ne veut faire qu’à sa tête ! Qu’il essaie ! En lui demandant si je devais divorcer ou pas, l’avocat me répond :
« Soit vous aimez votre mari et donc vous ne divorcez pas, soit vous ne l’aimez plus, et vous divorcez. C’est si simple que ça ! »
J’ai l’impression, qu’il n’a pas bien écouté tout ce que je viens lui expliquer. Je me pose la question si le divorce pouvait être une protection pour moi contre tout ce qui se passe actuellement, si je pouvais ainsi « limiter les dégâts » dus aux actes irraisonnés de Monsieur. Je fais encore quelques timides remarques qui me valent de la part de Maître ROBE la réflexion :
« Je ne suis pas un âne, Madame ». Je reste perplexe et ne sais plus quoi dire. Je suis profondément choquée et au bord des larmes. Je suis venue pour demander de l’aide, mais je repars totalement décomposée et sans aucune, absolument aucune réponse. Si c’est ça le monde des avocats, alors je n’ai pas fini ...
Une voisine éloignée me raccompagne à la maison. Pendant le trajet, je me demande ce que je dois faire : divorcer ou pas. La journée a été triste : triste par le temps de bruine, triste par ses événements. Je n’ai pas le moral. J’appréhende la soirée : GREG et RAOUL viendront à la maison ce soir.
19 novembre
Le facteur me klaxonne pour m’apporter le courrier, tout un paquet ! Ce ne sont que des courriers d’huissiers, de saisie, des appels de payer auxquels je ne comprends rien, ne sachant pas ce qui s’est passé avant. Tous ces courriers m’affolent. Je me sens totalement désarmée, perdue, contournée, malmenée, irritée ; je craque, je pleure à ne plus en pouvoir, jusqu’à épuisement.
Je suis brutalement sortie de ma sieste par la visite des gendarmes qui demandent à voir Monsieur BOULIER pour une histoire de retrait provisoire du permis de conduire, comme ils m’expliquent gentiment à ma question sur la raison de leur visite. Je n’y comprends absolument rien, mais les gendarmes ne veulent pas m’en dire plus. En téléphonant à RAOUL pour obtenir des explications, il me refuse toute réponse. Lorsque EMMA rentre de l’école, elle retrouve une maman décomposée, aux yeux gonflés, nerveuse et se demande ce qui se passe.
Ce soir, je suis tellement énervée par l’attitude de RAOUL, que je double la dose de mon somnifère. Si seulement je pouvais avoir la paix !
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