Suite du 24 octobre
Hors de lui, RAOUL est sur le point de quitter la pièce, alors que j’essaie de le retenir, le tirant par le pull qui me reste dans les mains. GREG arrive par derrière et m’emmène de force dans ma chambre pour me jeter violemment sur le lit malgré mes problèmes de dos. Je hurle de douleur et d’indignation d’être traitée ainsi sans raison par mon propre fils et mon mari. Si seulement j’avais fait quelque chose de mal ! Mais je n’ai rien fait de reprochable ! Je veux seulement assurer la bonne marche du ménage et des affaires ! RAOUL fait tout pour m’en empêcher. Pourquoi ? Je me rends de plus en plus compte que GREG a entièrement pris partie pour son père, chose que je n’aurais jamais pu m’imaginer vu leurs relations tendues et tumultueuses. Je sais qu’après tout ce qui s’est passé, la famille est définitivement brisée. Je ne me fais plus aucune illusion. Si seulement j’avais un peu d’argent, j’irais voir un avocat pour demander le divorce tout de suite. Je ne peux pas continuer à me laisser traiter ainsi ! Je dois divorcer pour me protéger.
Après m’être un peu calmée, je téléphone au service psychiatrique de l’hôpital pour raconter de ce qui vient de se passer et pour demander de quel médicament je peux augmenter la dose juste pour la nuit ; je voudrais dormir profondément, très profondément, simplement pour oublier ces horreurs pendant quelques heures... ou mieux encore : pour toujours. Je sais, demain et après-demain, je revivrai encore une fois tout ce que je viens de subir. Nous fixons un rendez-vous pour le lendemain.
Tout en pleurs, j’organise mon transport et la garde d’EMMA. J’ai un grand besoin de parler à quelqu’un ; je suis si seule, sans amis, sans famille, sans personne. EMMA aura une nouvelle fois une longue journée, mais je ne peux pas faire autrement. Si seulement nous n’étions pas si loin de la ville ! Après ce qui s’est passé, il faudrait une troisième personne ici avec moi, pour que je ne sois plus seule avec ces deux hommes. J’ai tellement peur, je m’attends à des choses pires que ça, je ne sais pas ce qui m’attend, je suis déterminée de faire face à tout, mais je ne voudrais pas être SEULE à la maison. Je sais que personne ne viendra à mon secours…
Je sens que je vais passer une mauvaise nuit. Nous ne dépassons toujours pas les quatorze degrés Celsius dans la maison. Le temps est mauvais et l’humidité réveille mes problèmes d’arthrose. Je m’endors sur l’image de GREG serrant mes bras avec toutes ses forces, le regard menaçant, me criant des méchancetés dans le visage, me jetant sur le lit ...
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