21 octobre
Je revois le psychiatre dans la matinée. Pour me détendre, il me rajoute à ma liste de médicaments du SOLIAN en me précisant qu’il faudra plusieurs jours pour m’y habituer. Si j’avais des raideurs et des douleurs, il faudrait le signaler immédiatement. Espérons que je le supporte bien.
J’apprends que RAOUL aura un rendez-vous avec lui pour réduire son agressivité, paraît-il.
(Annotation : Le rendez-vous restera sans suite, comme je dois le constater un peu plus tard.)
Je suis soulagée : Une demande de prise en charge à cent pour cent des frais médicaux pour maladie de longue durée a été enfin faite. Je ne comprends pas pourquoi cela n’a pas été le cas pour ma première hospitalisation, alors que notre situation était la même que maintenant.
Après le café, RAOUL vient me voir avec EMMA. Il porte toujours son pantalon taché et est aussi mal soigné. Il ne desserre pratiquement pas les dents à part pour m’avouer qu’il a deux mois de loyers en retard, mais qu’il s’arrangerait pour les rembourser petit à petit tous les mois. Comme RAOUL n’est pas disposé de venir me chercher demain dans l’après-midi pour me raccompagner à la maison et que je n’ai pas l’intention de l’attendre jusqu’au soir, je téléphone à droite et à gauche pour trouver quelqu’un qui pourrait me rendre ce service. Malgré d’innombrables coups de téléphone, je ne trouve personne. Histoire compliquée pour une opération pourtant simple : rentrer à la maison.
22 octobre
J’ai passé une mauvaise nuit à cause de ma voisine qui parle beaucoup en dormant. Ce matin, les infirmières sont radicales : lumière dans les yeux et portes claquées garantissent un réveil brutal. Ma voisine ne veut pas se lever pour prendre son petit déjeuner. On m’apporte enfin des gouttes pour soigner mes yeux. Je ne sais toujours pas comment je vais rentrer. Inquiète, j’en parle à l’infirmière. Elle me regarde d’un air étonné lorsque je lui explique que je ne vois pas d’autre solution que de rentrer en auto stop. Immédiatement, elle me propose un bon de transport pour rentrer en taxi. Je suis soulagée, je sais enfin comment je vais rentrer à la maison. Même le temps gris ne peut me faire perdre mon moral. Je rentre !
Marie-Noël est bien triste de me voir partir et m’accompagne jusqu’à la voiture. Je suis sûre qu’elle a pleuré après mon départ. Combien de temps restera-t-elle encore ? Le chauffeur de taxi m’apprend que contrairement aux explications de l’infirmière, il faut avancer les frais de taxi qui sont remboursés par la suite. Cela ne m’arrange pas ; je gratte le fonds de mon portefeuille. Sur le chemin, nous nous arrêtons à la pharmacie. L’ordonnance n’a pas été mise sur le bon formulaire pour que les frais soient pris en charge à cent pour cent. Je suis obligée de puiser dans mes « petites économies secrètes » que j’avais emportées par précaution, faute d’argent de ménage.
Lorsque nous nous retrouvons ce soir, RAOUL n’a rien à me dire à part de me faire des reproches, que j’aurais pu m’organiser autrement que d’avancer 400 Francs pour des « frais inutiles ». Qu’il me dise comment ! Vu l’atmosphère tendue, je préfère me coucher de bonne heure pour éviter tout heurt. Je me sentais moins seule à l’hôpital...
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