17 octobre
J’ai trop froid pendant la promenade du matin faute de vêtements chauds et préfère rentrer pour écrire mon Journal. Ainsi la matinée file vite.
Pendant ma sieste, je suis réveillée par un grand bruit : Une femme âgée tape avec sa chaussure contre la porte parce qu’on l’a enfermée. Je suis étonnée que malgré ma sieste raccourcie je me sente rafraîchie ; j’ai toujours un grand besoin de dormir après le déjeuner pour pouvoir tenir jusqu’au soir, je suis tellement épuisée. Je me souviens bien comment ma belle-mère, il y a un certain temps déjà, avait rigolé lorsqu’elle avait appris que je dormais tous les jours pendant des heures après le déjeuner. Elle ne s’était pas posé de questions ne réalisant certainement pas que j’étais bien malade. Il lui était incompréhensible comment je pouvais dormir dans la journée. Mais je ne suis pas la seule à dormir autant, les voisines font comme moi. Jusqu’ici, j’ignorais tout sur la dépression nerveuse et ne savais pas que le besoin de dormir plus que la normale est un signe infaillible de cette maladie sournoise. C’est un besoin absolu que RAOUL m’a reproché à maintes reprises.
Pour une fois, je n’ai pas trop de mal à m’endormir, mais je me réveille souvent la nuit. J’essaie alors de m’inventer de belles histoires, de rêver un peu, de penser à quelque chose d’agréable, de gentil, ce qui manque si cruellement dans ma vie, pour fuir le présent au moins le temps de retomber dans le sommeil jusqu’à la prochaine perturbation…
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