RAOUL semble avoir changé d’idée à propos du four et veut maintenant acheter un four professionnel pour 4.500 Francs. Cela veut dire que je ne pourrai pas m’acheter un nouvel aspirateur comme je l’avais prévu avec l’argent que je ramène. C’est raté ! Je ferai donc encore aller avec l’ancien dont la brosse n’a plus de poils, qui pue dès qu’on le met en marche et dont le fil électrique ne s’enroule plus. Le professionnel a priorité, le côté privé doit attendre.
Je découvre que RAOUL a fait mettre une nouvelle pancarte publicitaire annonçant « restaurant » au-dessus du local commercial, tout comme sur la vitrine extérieure ; le salon de thé semble prendre un nouveau virage. Il paraît que sa mère prend en charge tous les frais. RAOUL a également fait imprimer des cartes de fidélité pour offrir le treizième repas gratuit. Pourtant, il sait qu’il ne faudrait plus engager de frais, nous n’avons pas la trésorerie nécessaire. Je me retrouve ainsi devant des faits accomplis ; mon avis n’est pas demandé alors que l’affaire est toujours inscrite à mon nom de jeune fille.
Pendant mon absence, RAOUL a découvert que j’avais déplacé ma petite réserve d’urgence et que j’avais emmené mes quelques bijoux en Allemagne par mesure de précaution. Pour s’en apercevoir, il a dû fouiller dans toutes mes affaires. Je n’aime pas être surveillée jusqu’au fond de mes tiroirs.
J’apprends qu’EMMA n’a pas une seule fois déjeuné avec sa grand-mère comme cela avait été convenu. Je sais que tout ce que je fais n’est pas bien aux yeux de RAOUL. A la fin je ne sais plus quoi et comment faire. Tout doit être fait comme Monsieur le demande, le veut, l’exige. J’en ai assez. Je me sens bloquée dans tous les sens. Il vaudrait mieux que cette situation se termine vite et de manière définitive. Je n’en peux plus. Cette vie que mon mari me fait mener m’est devenue insupportable. Si seulement il me laissait tranquille, si seulement je pouvais partir ! Mais partir où ? Je n’y vois qu’une seule issue…
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