2 mars
Je me dépêche de rédiger ma réponse à la lettre d'hier. Cela me semble une nécessité voire une libération, me permettant ainsi de faire de la place dans ma tête à des pensées plus positives. Pendant la rédaction du courrier, j'éclate à nouveau en larmes ; je ne vois plus à travers mes lunettes. Ce sont des larmes d'une profonde tristesse, puisqu'il n'existe rien de plus révoltant que l'injustice. De l'injustice exercée par la personne que je croyais « ma deuxième moitié », comme on dit si bien, une personne à qui j'avais fait confiance, bien que je me posai certaines questions de temps à autre. Cet abus de confiance, ce manque de scrupules, cette méchanceté, cette volonté de détruire et de nuire me font si mal.
Il est faux lorsqu'il affirme « tu n'as jamais répondu à mes courriers ... » ; j'ai TOUJOURS répondu, mais je n'ai reçu aucune réponse à ce jour concernant l'ensemble des problèmes graves à résoudre. Je n'ai jamais reçu de courrier de Maître BELLE concernant les biens de la communauté. Je rappelle que l'inventaire avait été fait par Maître MATOU en été 1996.
Concernant l'affaire POMAL, je rectifie les accusations que RAOUL me fait à tort et lui rappelle certains faits qu'il semble avoir oubliés ou qu'il ignore. Je le « remercie » de ne pas m'avoir permis de me défendre en me refusant le document décisif dans une affaire où je ne suis pour absolument rien. Je lui reproche de ne pas avoir fait appel, puisque apparemment LUI avait reçu la Signification à temps - contrairement à moi, à qui une copie de la Signification n'a été remise que très tardivement par Maître TOUR - et je l'accuse d'irresponsabilité de sa part de ne pas avoir fait appel pour défendre la cause. Je lui rappelle que c'était quand même LUI qui n'avait pas respecté la date limite des travaux, fait qui avait déclenché le litige avec la cliente et non le manque de qualité de mon travail.
Même s'il affirme de n'avoir « aucune obligation légale » à me répondre directement concernant le reste, sa conscience aurait dû lui dire de le faire, surtout sachant que j'ai de gros problèmes de santé dus aux problèmes que j'ai découverts petit à petit. Comment peut-il parler d'« exigences à sens unique » de ma part, alors que je ne lui demande que de répondre aux questions qui me concernent directement, puisqu'on me tient responsable d'actes que je n'ai pas commis, mais lui.
Concernant l'adresse à laquelle les courriers lui devaient être adressés jusqu'à présent, il m'avait demandé d'envoyer mes courriers soit chez son avocat - qui ne lui a rien transmis, paraît-il - soit à l'adresse de sa mère, qui transmettrait sans faute. Vu ses propos, je voudrais savoir si cette exigence n'est plus valable.
(pas de réponse)
Je prends tout mon courage et commence à établir une longue liste de tous mes courriers restés sans réponse depuis maintenant environ deux ans. Peut-être serait-elle utile à Maître POPA et permettra de remuer le syndic pour qu'il agisse enfin. Quoi faire de plus ? Moi-même, je ne peux pas intervenir. Je peux seulement m'adresser aux parties compétentes. Cela me prend la tête !
Je signale à Maître POPA que Monsieur BOULIER me refuse toute réponse à l'ensemble de mes courriers concernant des problèmes à résoudre, environ une cinquantaine, et je lui demande de m'aider à formuler la plainte pour refus d'information de l'épouse afin qu'elle ait plus de chances d'aboutir. Je lui transmets la liste des courriers restés sans réponse pour appuyer ma demande. Je voudrais savoir quels documents je dois lui fournir comme preuves pour que le dossier soit prêt au plus vite.
(pas de réponse)
Je demande s'il est vrai que Monsieur BOULIER a la possibilité de faire annuler aux Emirats Arabes toute nouvelle procédure que je pourrais engager contre lui. Si oui, cela voudrait dire qu'il serait intouchable et qu'il faudrait le coincer en août 1999 lors de ses vacances en France.
(pas de réponse)
Une fois de plus, je passe toute la journée à l'ordinateur. J'aurais mieux à faire, mais si ce travail peut faire avancer quelque chose, je le ferais volontiers encore une fois. Ce qui m'étonne est, que de temps à autre, j'aie encore un brin d'espoir, l'espoir de pouvoir me défendre. Je n'ai rien fait, je n'ai rien su et je n'apprendrai plus grand-chose de plus. Si je n'avais pas EMMA, je n'écrirais plus ces mots. Mais j'ai l'obligation de l'élever, de ne pas lui faire de la peine, de la mettre sur le bon chemin, elle qui est si joyeuse malgré notre situation difficile, c'est elle qui me retient de l'acte ultime qui serait le seul moyen pour moi d'échapper à cette monstrueuse injustice qui me pèse, m'écrase, me freine, me détruit, me coupe l'appétit et me fait perdre l'envie de vivre.