24 décembre
EMMA est très excitée et a du mal à attendre le père Noël qui devrait venir ce soir. Mes parents nous téléphonent. Ils sont convaincus que je suis maintenant « un cas social ». Cette remarque me fait très plaisir à entendre un soir de Noël ! Il est vrai : Je suis un cas social, mais j’ai la ferme intention de ne plus l’être. Mais avant, je dois guérir !
Une fois la nuit tombée, EMMA ouvre ses paquets sous le sapin. Elle est désolée que je n’aie pas de paquet à ouvrir, mais je m’étais déjà acheté ma première bouilloire électrique dont je suis ravie. Notre dîner consiste en quelques tranches de truite fumée, suivie de clémentines. Nous nous régalons et sommes contentes de pourvoir passer le soir de Noël en paix, c’est mon plus beau cadeau de Noël !
Ce mois-ci, je suis contente parce que je n’ai pas encore épuisé mon budget nourriture, mais il reste encore une semaine à tenir bon. Pour le jour de Noël, j’ai prévu un poulet fermier qu’EMMA souhaite manger depuis un petit moment, précédé d’asperges à la mayonnaise et suivi de clémentines. Comme EMMA sera absente à partir du 26, je n’aurai pas besoin d’acheter grand-chose d’ici la fin d’année, puisque j’ai appris à me contenter du strict minimum : une assiette de riz, un yaourt et un fruit, suivis d’un café, cela me suffit largement. Ce « régime » m’a permis de perdre 17 kilos en quelques mois, kilos que j’avais accumulés avec la prise des antidépresseurs et calmants sans m’en apercevoir et dont aucun médecin ne m’avait mise en garde en début de traitement. Mon budget alimentaire restreint a au moins un avantage : J’ai retrouvé ma ligne !
25 décembre
RAOUL téléphone à EMMA ; heureusement c’est elle qui décroche, j’appréhende trop de tomber sur lui puisque je ne souhaite pas qu’il me rende une nouvelle fois malade à distance comme il l’avait déjà fait. Par ses propos méchants et humiliants, il avait réussi à me provoquer une crise biliaire au point que j’étais malade pour le reste de la journée et toute la nuit, n’ayant pas été capable d’aller au travail le lendemain. Parfois, je souhaite ne plus avoir de téléphone, mais je crains de me couper complètement du monde extérieur et ne plus avoir cette facilité de communication en cas d’urgence ; j’étais bien contente d’avoir eu le SAMU au téléphone pour pouvoir tenir bon, lorsque j’étais en période de sevrage. Depuis, j’hésite de faire supprimer ma ligne téléphonique bien que cela m’arrangerait financièrement.
Je ne sais toujours pas comment je pourrais m’organiser pour la fin d’année : D’un côté, je ne veux pas passer le 31 décembre et le Nouvel An toute seule et de l’autre côté, partir coûte trop cher et me pose un problème avec les animaux. La seule pensée que les autres seront en compagnie pour s’amuser, me rend malade, mais surtout, me rend infiniment triste.
26 décembre
EMMA se réveille de bonne heure, surexcitée par l’idée de revoir son père après cinq mois d’absence. Lorsqu’il arrive - toujours en VOLVO - j’évite que nous nous voyions ; l’idée de le rencontrer m’est insupportable. J’ai le coeur brisé de voir EMMA partir avec un homme que je considère indigne d’être père. Son retour est prévu pour le 3 janvier au soir, ce qui me paraît une éternité.
31 décembre
Je suis invitée à la dernière minute par le professeur de musique d’EMMA. Que je suis soulagée de ne pas me retrouver toute seule comme l’année dernière ; une fois m’a suffi.
Après une soirée calme, mais agréable, mes hôtes me raccompagnent à la maison peu après minuit. A la salle des fêtes, les gens font la foire. Je me dépêche de me coucher pour ne pas entendre les autres s’amuser. Il est vrai que je supporte même plus des émissions de variété ; je ne trouve plus rien comique, plus rien ne m’amuse. EMMA m’a fait remarquer que je ne sais plus rire ; elle a raison. Tout ce que je veux, c’est dormir…
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