10 juillet
Maître MATOU dépose sa Requête auprès du Tribunal de Commerce pour obtenir la prononciation de la liquidation judiciaire à mon nom. Le texte dit :
Monsieur BOULIER a utilisé son épouse comme prête-nom pour l’exploitation de la GOURMANDISE (s’ayant inscrit comme conjoint collaborateur).
Monsieur BOULIER a écarté l’épouse de l’affaire et l’a tenue dans l’ignorance complète.
Monsieur BOULIER a abandonné le domicile conjugal le 1er décembre 1994.
Monsieur BOULIER a créé de nombreuses dettes.
Monsieur BOULIER recevait seul tout le courrier à Perlieux, même le courrier personnel de l’épouse.
Madame BOULIER a procédé à la radiation après avoir découvert la situation catastrophique.
(Annotation : faux, c’était Monsieur BOULIER)
Madame BOULIER avait une méconnaissance des nombreuses dettes existantes.
Si Madame BOULIER avait eu connaissance plus tôt de la situation réelle, « elle aurait déposé le bilan plutôt que d’avoir procédé à une simple radiation. »
Madame BOULIER ignore l’état exact du passif.
Madame BOULIER se trouve poursuivie à titre personnel par les nombreuses dettes créées par son mari.
Elle gagne 2.500 Francs par mois en faisant un CES.
Captation des biens mobiliers de l’activité commerciale ainsi qu’une partie du matériel d’exploitation par Monsieur BOULIER, entreposé à son domicile.
L’avocat demande donc ma liquidation judiciaire et son extension à Monsieur BOULIER et de prendre des mesures pour empêcher la disparition du mobilier et du matériel.
Je suis contente de constater que tout ce qu’avance Maître MATOU - sauf un point - est juste et qu’il a bien compris la situation.
11 juillet
Suite à la Notification de Décision au Défendeur que je viens de recevoir dans le litige des PRUNELLES, j’envoie mes commentaires à Maître NOIR qui m’a été désigné comme avocat:
Je fais remarquer qu’en aucun cas, Maître CHARLOT, le syndic de Monsieur BOULIER, ne me représente, puisque la liquidation judiciaire a été prononcée sur MONSIEUR BOULIER, mais non sur MOI comme il est mentionné par erreur dans la Notification, et que je ne m’associe pas non plus aux Conclusions de Maître CHARLOT par l’intermédiaire de son conseil, contrairement à ce qu’il est stipulé dans le texte. Je souhaite que les occupants actuels restent aux PRUNELLES et je m’oppose catégoriquement à la vente aux enchères de la propriété.
15 juillet
Je fais déposer à l’hôtel des ventes BENBIRA des objets du ménage dont je peux me passer dans l’espoir de faire un peu de trésorerie. Je demande une estimation qu’on me promet de m’envoyer rapidement, avant de donner le feu vert pour la vente.
17 juillet
Aujourd’hui, j’ai signé au Tribunal de Commerce la déclaration de cessation des paiements en signalant une nouvelle fois, que j’ai été utilisée comme prête-nom par Monsieur BOULIER ; j’espère que le Juge en tiendra compte.
A ma plus grande surprise, Maître PERNEAUD, avocate chargée par RAOUL du litige des PRUNELLES, m’envoie ses Conclusions et me demande mes commentaires. Je ne comprends plus rien : Elle m’avait pourtant écrit en avril dernier qu’elle ne pouvait plus défendre mes intérêts en raison de la demande de divorce et maintenant, elle veut mon avis sur ses Conclusions ? Malgré cette situation confuse, je lui réponds quand même pour lui faire connaître mon point de vue dans ce litige :
J’exprime ma surprise qu’elle s’occupe toujours du dossier vu que Maître NOIR m’a été désigné comme avocat dans le litige des PRUNELLES.
J’approuve ses Conclusions et souhaite que les occupants actuels restent aux PRUNELLES. Je lui signale que Monsieur BOULIER m’a menti à maintes reprises et que je crois qu’il existe un crédit de 350.000 Francs sur les PRUNELLES.
(Annotation : En fait, le crédit s’élève à 700.000 Francs.)
Je voudrais savoir pourquoi Maître CHARLOT ne saisit pas Monsieur BOULIER sur salaire pour régler les créanciers, et connaître les conséquences qu’aura la demande de divorce sur la liquidation judiciaire de Monsieur BOULIER qui est toujours en cours.
(pas de réponse)
Maître NOIR m’informe que je dois déposer une nouvelle demande d’aide juridictionnelle si je veux engager une nouvelle procédure dans le litige des PRUNELLES. Comme je ne sais pas comment faire, je demande son aide et lui envoie un nouveau dossier complet, ce qui me demande de nouvelles photocopies, de nouvelles démarches, de nouveaux frais dont je voudrais bien me passer.
(Annotation : démarche parfaitement inutile