1996
DEMANDE DE DIVORCE ET MISE EN LIQUIDATION JUDICIAIRE
Janvier
Depuis la fermeture de la GOURMANDISE, RAOUL est sans travail. J’ignore s’il s’est inscrit à l’ANPE, mais je ne le pense pas. Je me demande ce qu’il fait toute la journée à l’appartement qu’il habite toujours avec GREG à Perlieux. Moi, je croyais sérieusement qu’il abandonnerait l’appartement pour revenir au domicile conjugal et pour faire des économies à sa mère qui - d’après lui - paie son loyer, « sauf deux fois jusqu’à présent », comme me l’avait avoué RAOUL un jour de bonne humeur. Je croyais même naïvement, qu’une fois RAOUL revenu à la maison, il viendrait me chercher en voiture à l’arrêt du car pour m’éviter de rentrer tous les soirs en auto stop ou à pieds. Je me suis bien trompée en mon mari qu’il est encore - sur le papier ; dans la réalité, il ne l’est plus depuis fort longtemps, malgré une petite lueur d’espoir que j’avais l’année dernière, où je croyais qu’un retour à la normale serait encore possible. Je n’ai pas réalisé à quel point la personne que j’avais épousée en 1973, a changé ou m’a subtilement caché son vrai visage.
D’après ce que RAOUL m’a dit, il aurait vendu une partie du matériel professionnel, les meubles de cuisine et du restaurant, ainsi que l’équipement électrique, mais sans m’en apporter de preuves : ni documents de vente ni argent. Je me demande ce qu’il fera du four professionnel qui a été financé pour la plus grande partie par mes parents, et que je lui ai demandé d’apporter à la maison, mais en vain, tout comme la comptabilité qu’il me refuse.
Je suis en colère parce qu’il n’a pas décroché ma grande toile murale et la porte décorée que je n’avais aucunement l’intention ni de vendre ni d’offrir à quiconque. RAOUL considère ces deux objets la propriété de Monsieur JULE, le propriétaire du local commercial ; il oublie qu’ils sont « amovibles », donc récupérables par le locataire. C’est un nouveau point de discorde entre nous.
Je ne sais plus comment faire : De plus en plus, RAOUL se renferme sur lui-même, ne me donne aucune information, ne me parle plus ; il est un livre fermé. Lorsqu’il nous arrive de nous adresser occasionnellement la parole un instant, nous ne sommes d’accord sur rien et la dispute n’est jamais loin. Je crains toujours ces terrifiants accès de colère dont RAOUL s’est montré capable si souvent.
13 janvier
La SACEM envoie une deuxième lettre recommandée au nom de MADAME BOULIER réclamant des droits d’auteur de 1.379 Francs.
(Annotation : Je ne sais pas par qui la lettre a été réceptionnée, la signature sur l’accusé de réception m’est inconnue, je le constate seulement en mai 1998.)
Je retourne voir le rhumatologue puisque ce sont mes DEUX épaules qui sont maintenant bloquées. EMMA doit m’aider à m’habiller, j’en suis incapable. Je suis extrêmement gênée dans la vie de tous les jours ; le moindre mouvement qui va un peu trop loin, me provoque une douleur atroce qui lance sans merci. J’ai à nouveau droit à des infiltrations à la Cortisone.
12 février
Signification de l’Ordonnance du 30 janvier 1996 rendue par le Tribunal de Commerce de payer 22.450 Francs dans le litige avec la société CARTONS DUMARS
(Annotation : Document à MON nom, réceptionnée par Monsieur BOULIER, tout comme l’Ordonnance, qu’il garde.)
23 février
L’occupant des PRUNELLES, Monsieur ZINTKO, doit quitter les lieux par commandement ; la propriété est saisie pour être vendue aux enchères.
(Annotation : Théoriquement, les occupants devraient payer 500 Francs de pénalités par jour de retard à partir de la date d’expulsion. Cette clause n’a jamais été appliquée par les Instances.)
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