27 septembre
Ce soir à la gym, que je m’accorde avec EMMA pour sortir un peu de mon extrême solitude, pour avoir un petit moment à moi pour essayer d’oublier pendant deux heures les problèmes quotidiens, MAYA, petite bonne femme timide et gentille, me raconte qu’elle a été couverte de dettes par son mari, dettes qu’elle doit maintenant d’éponger petit à petit par son modeste salaire. Pour me relever le moral, elle me conseille de prendre un petit appartement en ville et de préparer la séparation de biens et de corps avec l’aide d’un avocat qui accepte l’aide juridictionnelle. Je sens qu’elle est devenue forte par tout ce qu’elle a dû subir. Je voudrais être comme elle, mais je ne sais pas quoi faire puisque je n’ai pas d’argent pour m’en aller. Comment faire lorsque l’on n’a pas le strict minimum vital ? Comment faire avec les enfants ? Je ne sais pas. Je n’arrête pas de me poser des questions, mais je ne trouve pas de réponses. Pourtant je sais une chose : Je dois agir.
Mon cas n’est donc pas un cas isolé. Il y en a d’autres qui souffrent en silence …
Lorsque les « bonhommes », comme dit EMMA, arrivent, RAOUL, en sortant de la voiture, est gêné par la caisse de bouteilles vides, caisse que je lui ai demandé à plusieurs reprises d’emmener au container en bas de la route, et que j’ai retrouvée deux fois déjà sur ma chaise de cuisine. Pour se faire de l’air, il lui donne un bon coup de pied.
« T’aurais pu la vider, il ne faut pas la laisser dans le passage ! » hurle-t-il.
Ne veut-il pas comprendre que je ne suis pas en mesure physiquement de la descendre sur plus d’un kilomètre, alors qu’il y passe deux fois par jour en voiture ?! Si la caisse le gêne, pourquoi ne la descend-il pas ? Tout est bon pour m’empoisonner la vie…
Je m’aperçois par hasard que l’activité des ATELIERS D’ART DES PRUNELLES, activité de décoration, avait cessé officiellement en juin 1993 sur déclaration du syndic de RAOUL. Que de mensonges m’avait sorti à l’époque RAOUL lorsqu'il me suggérait d’arrêter un certain temps l’inscription de l’activité décoration en raison de notre déménagement de la Seine et Marne en Dordogne, en m’expliquant que nous serons couverts par la Sécurité Sociale pendant un an sans cotiser. Ensuite, il prévoyait reprendre l’activité officiellement. A l’époque, je n’y comprenais rien. Pourquoi vouloir arrêter une activité qui semblait bien marcher ? Je ne me doutais de rien, d’autant plus qu’il préparait en 1993, une campagne publicitaire très coûteuse dans une revue de décoration qui l’obligeait de mener de longues conversations téléphoniques avec Paris et d’envoyer d’innombrables Fax. Nous investissions beaucoup de temps pour mettre au point un prospectus couleur, la lettre d’accompagnement, le coupon-réponse et l’encart publicitaire. Je me souviens que je n’étais pas d’accord avec la lettre d’accompagnement que RAOUL avait rédigée ; je la trouvais trop « mousseuse », mais elle plaisait à RAOUL qui aimait « faire du vent », sa grande spécialité. Il avait prévu de faire rentrer des commandes par correspondance, exécuter les commandes à Sourlac et livrer ainsi dans toute la France. Nous avions reçu plus de mille réponses, mais je crois, enregistré seulement trois ou cinq commandes fermes. Jamais de ma vie je n’aurais pu m’imaginer que l’activité décoration avait officiellement cessé. Quelle incohérence et irresponsabilité !
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