25 mars
A l'Institut Supérieur de Peinture Décorative à la porte de Pantin, dès l'entrée, je suis en admiration devant les possibilités qu'offre la peinture décorative - à condition de la maîtriser à la perfection ! Je me sens toute petite et me rends compte que j'ai tout à apprendre, que mon travail n'est vraiment pas grand-chose. Je reste clouée devant un trompe l'oeil presque achevé, une fenêtre en bois ornée d'un magnifique bouquet, d'un panier de fruits et des verres en cristal. Une merveille ! Si seulement j'étais capable d'en faire la moitié ! Depuis longtemps, j'ai en projet de présenter de fausses fenêtres, éléments qui manquent cruellement de nos jours dans de nombreuses pièces, éléments si importants pour notre bien-être.
Je voudrais rester, rester tout de suite, apprendre sur-le-champ. Mais les stages sont très coûteux et durent plusieurs semaines. Je ne vois pas - même si le problème financier pouvait être réglé - comment je pourrais surmonter les difficultés pratiques : Je ne suis pas seule ; il y a EMMA et les animaux. Je réalise qu'ils seraient un grand obstacle à mes projets. Et ensuite, y aurait-il effectivement des débouchés pour ce genre de peinture ? Tout se bouscule un peu dans ma tête ; je ne sais pas quoi et comment faire pour l'instant. Comment combiner un stage avec mes cours de langue ? Je n'en sais rien. Mais je souhaiterais tellement pouvoir y participer. Je me renseigne sur les possibilités d'aide au financement. Le directeur me questionne sur ma situation actuelle. Assez ennuyée, je lui explique que je me retrouve actuellement tout en bas de l'échelle. J'en ai très honte et regrette vite de lui avoir posé la question, lorsque je vois la surprise dans ses yeux. Je me jure une nouvelle fois que ma situation changera !
Pendant le trajet retour, j'ai tout mon temps pour laisser défiler mes pensées qui s'entremêlent : l'envie de participer à un stage de peinture décorative, le doute s'il y a de débouchés, le moment passé sous des averses au cimetière à remettre en état la verdure pleine de force et de vivacité sur la tombe de la petite ROSIE qui pour moi continue à vivre, vivre sous une autre forme, elle est vivante dans cette verdure débordante. Je me revois comment par moments, j'ai eu du mal à retenir mes larmes, mais je ne voulais pas pleurer, puisqu'il n'y avait pas de raison puisque je recevais une merveilleuse leçon de vie. Je reviendrai, probablement sous de nouvelles larmes du ciel, comme à chaque fois... Ce week-end chargé, mais agréable, me donne bien envie de m'offrir de temps à autre de petites escapades faute de vraies vacances.
28 mars
J'ai une demi-heure pour me décider si je participe au Salon de l'Habitat qui se tient le week-end prochain ; à midi, les papiers doivent être chez l'imprimeur. Je donne quelques coups de fil pour voir comment je pourrais m'organiser, surtout au niveau transport, et rappelle le Parc des Expositions aussitôt ma décision prise : Je participe et sors 2.600 Francs. Jamais je n'ai pris une décision de cet ordre de grandeur en si peu de temps ! Suis-je inconsciente ou courageuse ?
30 mars
Vu que je suis en aussi bonne forme après l'anesthésie générale de la coloscopie, qui m'a fait retrouver le poids de mes vingt ans, j'avance d'un jour mon programme prévu initialement pour vendredi pour être sûre d'être en place au Salon et ne pas avoir à courir à la dernière minute. Ainsi EMMA pourra encore m'aider à porter les caisses avant de partir vendredi avec son père, je ne sais où et pour combien de temps. Mon plus gros problème à résoudre, c'est le transport des grandes pièces ; le reste, je le ferai en plusieurs voyages avec la RENAULT 4. Je donne d'innombrables coups de fil pour trouver une personne avec une camionnette libre aujourd'hui ou demain. La recherche s'annonce difficile...
Je reçois le virement du salaire de janvier et février de l'Education Nationale ainsi que la rectification du salaire de novembre et décembre. J'ai enfin un contrat de travail de l'Education Nationale d'avril jusqu'à fin juin !
1er avril
Le Salon de l'Habitat démarre aujourd'hui, ce n'est pas une farce d'un premier avril, c'est vrai. Je suis contente de mon stand que j'ai réussi - malgré des problèmes de transports résolus à la toute dernière minute - à organiser, installer et financer toute seule. J'espère être à la hauteur lorsque je serai abordée par des personnes intéressées. Je me demande comment je ferais si j'avais la chance de décrocher des travaux plus importants qui demanderaient de la place pour être exécutés. Je n'ai pas de réponse.
Je récolte un compliment après l'autre des nombreux visiteurs attirés par mon stand : « Que c'est joli ! C'est magnifique ! Tous mes compliments ! Continuez ainsi ! ».
Cela me fait plaisir, même si les compliments ne me font pas vivre. Mais il paraît que la satisfaction personnelle contribue au bien-être général de l'être humain, facteur important de sa santé. J'avoue que je me sens bien dans ma peau. Je vois des perspectives, j'ai pleines d'idées, je suis confiante, je fais des projets, je me sens active. Je suis contente d'être en contact avec des gens après avoir été enterrée vivante pendant de longues années. Je revis et ça se voit ; combien de personnes qui me connaissaient, il y a quelques années, me font remarquer que j'ai bonne mine, que j'ai l'air beaucoup mieux. C'est vrai.
Je passe au bureau des organisateurs où j'apprends qu'on parlait de mon stand, qu'il ne passait pas inaperçu. Cela me fait très plaisir.
Les cartes de visite partent petit à petit du bol à cochons d'Inde fixé sur ma pancarte publicitaire bricolée, solution de dernière minute faute de mieux. Une seule personne l'a remarqué et prend une carte en rigolant. Je suis contente que certaines personnes se souviennent très bien de mon stand à la Foire d'automne. Une jeune femme s'exclame devant mon stand : « Au moins, je ne suis pas venue pour rien ! Que c'est joli ! Tout le reste m'a tellement déçue ! ». Je suis ravie de ses remarques et m'efforce de lui donner pleines d'idées de décoration. Elle emportera au moins ça de ce salon.
Pour tuer le temps pendant les moments creux, je lis un article sur un livre dans lequel l'auteur soutient que les grands philosophes de l'histoire peuvent nous aider dans notre vie de tous les jours. Le résumé de 2400 ans de sagesse est le suivant : « Soutiens ce que tu crois, les biens matériels ne te rendront pas heureux, réduis tes attentes pour éviter d'être déçu, tu deviens fort par la souffrance ». Je me dis que je n'ai pas besoin d'étudier les grands philosophes pour apprendre cela. Je le sais déjà par mon vécu.
2 - 3 avril
L'éventuelle perspective de pouvoir obtenir un petit coin atelier en cas de besoin chez mon voisin ébéniste me donne des ailes. Si cela se faisait, je saurais enfin où re pourrais réaliser de gros travaux. Comme je n'ai pas encore pu trouver de solution pour ramener les grosses pièces, il se propose de me les déposer ce soir ; je ne pouvais pas espérer mieux !
En pliant bagage, je suis déçue de ne pas avoir fait une seule vente directe en petits objets décorés. Je me console en me disant que j'ai probablement fait connaissance de clients potentiels et que j'ai couvert une partie des frais engagés par une commande passée par un exposant. Attendons...
A l'Institut Supérieur de Peinture Décorative à la porte de Pantin, dès l'entrée, je suis en admiration devant les possibilités qu'offre la peinture décorative - à condition de la maîtriser à la perfection ! Je me sens toute petite et me rends compte que j'ai tout à apprendre, que mon travail n'est vraiment pas grand-chose. Je reste clouée devant un trompe l'oeil presque achevé, une fenêtre en bois ornée d'un magnifique bouquet, d'un panier de fruits et des verres en cristal. Une merveille ! Si seulement j'étais capable d'en faire la moitié ! Depuis longtemps, j'ai en projet de présenter de fausses fenêtres, éléments qui manquent cruellement de nos jours dans de nombreuses pièces, éléments si importants pour notre bien-être.
Je voudrais rester, rester tout de suite, apprendre sur-le-champ. Mais les stages sont très coûteux et durent plusieurs semaines. Je ne vois pas - même si le problème financier pouvait être réglé - comment je pourrais surmonter les difficultés pratiques : Je ne suis pas seule ; il y a EMMA et les animaux. Je réalise qu'ils seraient un grand obstacle à mes projets. Et ensuite, y aurait-il effectivement des débouchés pour ce genre de peinture ? Tout se bouscule un peu dans ma tête ; je ne sais pas quoi et comment faire pour l'instant. Comment combiner un stage avec mes cours de langue ? Je n'en sais rien. Mais je souhaiterais tellement pouvoir y participer. Je me renseigne sur les possibilités d'aide au financement. Le directeur me questionne sur ma situation actuelle. Assez ennuyée, je lui explique que je me retrouve actuellement tout en bas de l'échelle. J'en ai très honte et regrette vite de lui avoir posé la question, lorsque je vois la surprise dans ses yeux. Je me jure une nouvelle fois que ma situation changera !
Pendant le trajet retour, j'ai tout mon temps pour laisser défiler mes pensées qui s'entremêlent : l'envie de participer à un stage de peinture décorative, le doute s'il y a de débouchés, le moment passé sous des averses au cimetière à remettre en état la verdure pleine de force et de vivacité sur la tombe de la petite ROSIE qui pour moi continue à vivre, vivre sous une autre forme, elle est vivante dans cette verdure débordante. Je me revois comment par moments, j'ai eu du mal à retenir mes larmes, mais je ne voulais pas pleurer, puisqu'il n'y avait pas de raison puisque je recevais une merveilleuse leçon de vie. Je reviendrai, probablement sous de nouvelles larmes du ciel, comme à chaque fois... Ce week-end chargé, mais agréable, me donne bien envie de m'offrir de temps à autre de petites escapades faute de vraies vacances.
28 mars
J'ai une demi-heure pour me décider si je participe au Salon de l'Habitat qui se tient le week-end prochain ; à midi, les papiers doivent être chez l'imprimeur. Je donne quelques coups de fil pour voir comment je pourrais m'organiser, surtout au niveau transport, et rappelle le Parc des Expositions aussitôt ma décision prise : Je participe et sors 2.600 Francs. Jamais je n'ai pris une décision de cet ordre de grandeur en si peu de temps ! Suis-je inconsciente ou courageuse ?
30 mars
Vu que je suis en aussi bonne forme après l'anesthésie générale de la coloscopie, qui m'a fait retrouver le poids de mes vingt ans, j'avance d'un jour mon programme prévu initialement pour vendredi pour être sûre d'être en place au Salon et ne pas avoir à courir à la dernière minute. Ainsi EMMA pourra encore m'aider à porter les caisses avant de partir vendredi avec son père, je ne sais où et pour combien de temps. Mon plus gros problème à résoudre, c'est le transport des grandes pièces ; le reste, je le ferai en plusieurs voyages avec la RENAULT 4. Je donne d'innombrables coups de fil pour trouver une personne avec une camionnette libre aujourd'hui ou demain. La recherche s'annonce difficile...
Je reçois le virement du salaire de janvier et février de l'Education Nationale ainsi que la rectification du salaire de novembre et décembre. J'ai enfin un contrat de travail de l'Education Nationale d'avril jusqu'à fin juin !
1er avril
Le Salon de l'Habitat démarre aujourd'hui, ce n'est pas une farce d'un premier avril, c'est vrai. Je suis contente de mon stand que j'ai réussi - malgré des problèmes de transports résolus à la toute dernière minute - à organiser, installer et financer toute seule. J'espère être à la hauteur lorsque je serai abordée par des personnes intéressées. Je me demande comment je ferais si j'avais la chance de décrocher des travaux plus importants qui demanderaient de la place pour être exécutés. Je n'ai pas de réponse.
Je récolte un compliment après l'autre des nombreux visiteurs attirés par mon stand : « Que c'est joli ! C'est magnifique ! Tous mes compliments ! Continuez ainsi ! ».
Cela me fait plaisir, même si les compliments ne me font pas vivre. Mais il paraît que la satisfaction personnelle contribue au bien-être général de l'être humain, facteur important de sa santé. J'avoue que je me sens bien dans ma peau. Je vois des perspectives, j'ai pleines d'idées, je suis confiante, je fais des projets, je me sens active. Je suis contente d'être en contact avec des gens après avoir été enterrée vivante pendant de longues années. Je revis et ça se voit ; combien de personnes qui me connaissaient, il y a quelques années, me font remarquer que j'ai bonne mine, que j'ai l'air beaucoup mieux. C'est vrai.
Je passe au bureau des organisateurs où j'apprends qu'on parlait de mon stand, qu'il ne passait pas inaperçu. Cela me fait très plaisir.
Les cartes de visite partent petit à petit du bol à cochons d'Inde fixé sur ma pancarte publicitaire bricolée, solution de dernière minute faute de mieux. Une seule personne l'a remarqué et prend une carte en rigolant. Je suis contente que certaines personnes se souviennent très bien de mon stand à la Foire d'automne. Une jeune femme s'exclame devant mon stand : « Au moins, je ne suis pas venue pour rien ! Que c'est joli ! Tout le reste m'a tellement déçue ! ». Je suis ravie de ses remarques et m'efforce de lui donner pleines d'idées de décoration. Elle emportera au moins ça de ce salon.
Pour tuer le temps pendant les moments creux, je lis un article sur un livre dans lequel l'auteur soutient que les grands philosophes de l'histoire peuvent nous aider dans notre vie de tous les jours. Le résumé de 2400 ans de sagesse est le suivant : « Soutiens ce que tu crois, les biens matériels ne te rendront pas heureux, réduis tes attentes pour éviter d'être déçu, tu deviens fort par la souffrance ». Je me dis que je n'ai pas besoin d'étudier les grands philosophes pour apprendre cela. Je le sais déjà par mon vécu.
2 - 3 avril
L'éventuelle perspective de pouvoir obtenir un petit coin atelier en cas de besoin chez mon voisin ébéniste me donne des ailes. Si cela se faisait, je saurais enfin où re pourrais réaliser de gros travaux. Comme je n'ai pas encore pu trouver de solution pour ramener les grosses pièces, il se propose de me les déposer ce soir ; je ne pouvais pas espérer mieux !
En pliant bagage, je suis déçue de ne pas avoir fait une seule vente directe en petits objets décorés. Je me console en me disant que j'ai probablement fait connaissance de clients potentiels et que j'ai couvert une partie des frais engagés par une commande passée par un exposant. Attendons...
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