17 novembre
J'ai cinquante et un ans ! EMMA préfère dire que j'ai cinquante ans, « ça fait plus jeune » m'explique-t-elle. Je reçois trois cartes d'anniversaire en tout, signe infaillible que je tombe petit à petit dans l'oubli...
10 - 17 décembre
Mes quatre participations à des marchés de Noël ne donnent trois fois rien. A chaque fois, je rentre déçue en me posant des questions sur mon activité. Dois-je continuer ou changer de cap ? Je n'en sais rien.
22 décembre
Le marché de Noël de nuit à Perlieux est une vraie catastrophe ! Personne n'est au courant, l'organisation laisse à désirer, peu de visiteurs et encore moins d'acheteurs. Maître CORNIAUD, l'avocat qu'on m'avait recommandé pour son efficacité, passe en faisant semblant ne pas me voir, tout comme lors d'une récente brocante. Appréhende-t-il de me rencontrer ? Pourquoi ne pas me dire bonjour ? Son comportement confirme ma conviction que la plupart des avocats sont des tordus et que leurs valeurs sont faussées. Et ces gens-là sont au service de la justice...
L'unique vente réalisée à la dernière minute couvre juste la location de mon stand. Autant de rester au chaud !
24 décembre
Je reçois une convocation de la police nationale pour le quatre janvier. La lettre ne précise pas la raison à part la mention « pour affaire vous concernant ». Je suis inquiète, pourtant je n'ai rien à me reprocher. Quel beau cadeau de Noël ! Cette lettre m'énerve au point, que le sang me monte à la tête, je suis brûlante, voire tremblante. Que veut la police de moi ? Je veux savoir de quoi il s'agit et essaie plusieurs fois en vain de joindre le bureau de police, mais je tombe à chaque fois sur un répondeur. L'agent est probablement parti tranquillement en vacances, tandis que moi, j'ai la fin d'année gâchée par sa convocation inexpliquée. J'essaie d'oublier, mais je n'y arrive pas. J'en parle à EMMA qui s'inquiète à son tour. Je n'aurais pas dû lui en parler, mais je n'ai personne à qui confier mes soucis. Je crois que c'est le plus gros handicap de ma situation de femme divorcée.
25 - 31 décembre
Le deuxième marché de Noël de nuit s'annonce un peu mieux : Un orchestre crée un peu d'animation mais nous casse les oreilles à la longue, un exposant grille des noix et nous met l'eau à la bouche, les organisateurs nous servent du vin chaud pour nous réchauffer par ce temps humide et maussade qui ne donne à personne envie de mettre les pieds dehors. Je fais une petite vente, c'est tout. En faisant mes comptes, je constate que les frais d'exposition représentent un gros poste qu'il vaudrait mieux supprimer ou au moins réduire partiellement.
Je passe la semaine à rattraper le travail de bureau, à sortir enfin mes courriers de Noël et à mettre à jour mon ménage qui avait souffert un peu ces derniers temps à cause des nombreux week-ends d'exposition. Il ne me reste plus suffisamment de temps pour le côté privé ; EMMA en subit directement les conséquences. Mais comment faire ? Si seulement je pouvais avoir un contrat d'assistante à l'Education Nationale ! Quarante-six cours dans le mois et gagner 5.000 Francs bruts, cela ne serait pas si mal. Mais je ne pas fais partie de ces heureuses-là qui sont des filles étrangères payées par le fonds européen. Faute d'argent, l'Education Nationale nous a fait un beau cadeau de Noël en nous supprimant une semaine de cours en décembre malgré des contrats jusqu'à la fin d'année !
Mais je ne me plains pas : Malgré des ventes de Noël catastrophiques et pas une seule vente la veille de Noël, j'ai quand même fait un mois de décembre correct. Je crains beaucoup de me retrouver seule à la boutique l'année prochaine, mes deux associés trouvant l'opération insatisfaisante. Je ne pourrais pas encore supporter le loyer à moi toute seule ; en payant des charges sociales l'année prochaine, il ne me resterait rien après avoir couvert les frais. Je me pose sérieusement des questions, mais ne sais pas quoi faire.
J'ai hâte que la fin d'année soit passée : Noël, le jour de Saint Sylvestre et le Nouvel An sont des fêtes de famille et nous, nous ne sommes plus une famille ; nous sommes juste toutes les deux, sans aucun entourage. Je préfère le rythme de tous les jours où le travail et les préoccupations quotidiennes me font oublier ma situation de femme seule.
Ma résolution pour la Nouvelle Année est de rattraper mon Journal que j'ai délaissé depuis mi-avril, depuis l'ouverture du magasin en fait, faute de temps et peut-être aussi faute de faits suffisamment importants à retenir. Ne rien avoir à noter, d'un côté, c'est bon signe, puisque cela veut dire : moins de perturbations dans ma vie quotidienne et occupations au point de ne plus trouver le temps pour écrire, et de l'autre côté, c'est mauvais signe puisque rien ne bouge au niveau des procédures en cours. C'est le silence total chez toutes les parties concernées ; on me laisse dans l'ignorance absolue. Je ne connais pas ma situation actuelle, je suis toujours dans un brouillard judiciaire épais. Même Maître POPA ne répond plus à aucun de mes courriers. A quoi bon avoir un avocat ? Je trouve que la grève des avocats pour obtenir une augmentation de l'aide juridictionnelle est justifiée ; si elle était plus importante, peut-être les cas comme moi seraient-ils enfin traités correctement. J'ai l'impression ne pas être défendue. Je me sens victime. Je me sens impuissante. Je ne sais plus quoi faire à part tenir mon Journal dans l'espoir de pouvoir le publier un jour. Je le ressentirais comme un acte de justice. On verra tout cela l'année prochaine...
J'ai cinquante et un ans ! EMMA préfère dire que j'ai cinquante ans, « ça fait plus jeune » m'explique-t-elle. Je reçois trois cartes d'anniversaire en tout, signe infaillible que je tombe petit à petit dans l'oubli...
10 - 17 décembre
Mes quatre participations à des marchés de Noël ne donnent trois fois rien. A chaque fois, je rentre déçue en me posant des questions sur mon activité. Dois-je continuer ou changer de cap ? Je n'en sais rien.
22 décembre
Le marché de Noël de nuit à Perlieux est une vraie catastrophe ! Personne n'est au courant, l'organisation laisse à désirer, peu de visiteurs et encore moins d'acheteurs. Maître CORNIAUD, l'avocat qu'on m'avait recommandé pour son efficacité, passe en faisant semblant ne pas me voir, tout comme lors d'une récente brocante. Appréhende-t-il de me rencontrer ? Pourquoi ne pas me dire bonjour ? Son comportement confirme ma conviction que la plupart des avocats sont des tordus et que leurs valeurs sont faussées. Et ces gens-là sont au service de la justice...
L'unique vente réalisée à la dernière minute couvre juste la location de mon stand. Autant de rester au chaud !
24 décembre
Je reçois une convocation de la police nationale pour le quatre janvier. La lettre ne précise pas la raison à part la mention « pour affaire vous concernant ». Je suis inquiète, pourtant je n'ai rien à me reprocher. Quel beau cadeau de Noël ! Cette lettre m'énerve au point, que le sang me monte à la tête, je suis brûlante, voire tremblante. Que veut la police de moi ? Je veux savoir de quoi il s'agit et essaie plusieurs fois en vain de joindre le bureau de police, mais je tombe à chaque fois sur un répondeur. L'agent est probablement parti tranquillement en vacances, tandis que moi, j'ai la fin d'année gâchée par sa convocation inexpliquée. J'essaie d'oublier, mais je n'y arrive pas. J'en parle à EMMA qui s'inquiète à son tour. Je n'aurais pas dû lui en parler, mais je n'ai personne à qui confier mes soucis. Je crois que c'est le plus gros handicap de ma situation de femme divorcée.
25 - 31 décembre
Le deuxième marché de Noël de nuit s'annonce un peu mieux : Un orchestre crée un peu d'animation mais nous casse les oreilles à la longue, un exposant grille des noix et nous met l'eau à la bouche, les organisateurs nous servent du vin chaud pour nous réchauffer par ce temps humide et maussade qui ne donne à personne envie de mettre les pieds dehors. Je fais une petite vente, c'est tout. En faisant mes comptes, je constate que les frais d'exposition représentent un gros poste qu'il vaudrait mieux supprimer ou au moins réduire partiellement.
Je passe la semaine à rattraper le travail de bureau, à sortir enfin mes courriers de Noël et à mettre à jour mon ménage qui avait souffert un peu ces derniers temps à cause des nombreux week-ends d'exposition. Il ne me reste plus suffisamment de temps pour le côté privé ; EMMA en subit directement les conséquences. Mais comment faire ? Si seulement je pouvais avoir un contrat d'assistante à l'Education Nationale ! Quarante-six cours dans le mois et gagner 5.000 Francs bruts, cela ne serait pas si mal. Mais je ne pas fais partie de ces heureuses-là qui sont des filles étrangères payées par le fonds européen. Faute d'argent, l'Education Nationale nous a fait un beau cadeau de Noël en nous supprimant une semaine de cours en décembre malgré des contrats jusqu'à la fin d'année !
Mais je ne me plains pas : Malgré des ventes de Noël catastrophiques et pas une seule vente la veille de Noël, j'ai quand même fait un mois de décembre correct. Je crains beaucoup de me retrouver seule à la boutique l'année prochaine, mes deux associés trouvant l'opération insatisfaisante. Je ne pourrais pas encore supporter le loyer à moi toute seule ; en payant des charges sociales l'année prochaine, il ne me resterait rien après avoir couvert les frais. Je me pose sérieusement des questions, mais ne sais pas quoi faire.
J'ai hâte que la fin d'année soit passée : Noël, le jour de Saint Sylvestre et le Nouvel An sont des fêtes de famille et nous, nous ne sommes plus une famille ; nous sommes juste toutes les deux, sans aucun entourage. Je préfère le rythme de tous les jours où le travail et les préoccupations quotidiennes me font oublier ma situation de femme seule.
Ma résolution pour la Nouvelle Année est de rattraper mon Journal que j'ai délaissé depuis mi-avril, depuis l'ouverture du magasin en fait, faute de temps et peut-être aussi faute de faits suffisamment importants à retenir. Ne rien avoir à noter, d'un côté, c'est bon signe, puisque cela veut dire : moins de perturbations dans ma vie quotidienne et occupations au point de ne plus trouver le temps pour écrire, et de l'autre côté, c'est mauvais signe puisque rien ne bouge au niveau des procédures en cours. C'est le silence total chez toutes les parties concernées ; on me laisse dans l'ignorance absolue. Je ne connais pas ma situation actuelle, je suis toujours dans un brouillard judiciaire épais. Même Maître POPA ne répond plus à aucun de mes courriers. A quoi bon avoir un avocat ? Je trouve que la grève des avocats pour obtenir une augmentation de l'aide juridictionnelle est justifiée ; si elle était plus importante, peut-être les cas comme moi seraient-ils enfin traités correctement. J'ai l'impression ne pas être défendue. Je me sens victime. Je me sens impuissante. Je ne sais plus quoi faire à part tenir mon Journal dans l'espoir de pouvoir le publier un jour. Je le ressentirais comme un acte de justice. On verra tout cela l'année prochaine...
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A suivre...
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